Le 16 mars 1990, une découverte macabre plonge le village de Puyoô dans l'horreur : le corps d'un nourrisson est retrouvé dans le garage d'une petite maison, près de la gare. Selon les premières constatations, l'enfant, bien que viable à la naissance, serait mort de faim et de soif. Cette tragédie soulève la question inquiétante d'une grossesse cachée. Thierry Sagardoytho, questionnant ce drame, nous éclaircit sur les circonstances.
Une découverte glaçante dans la Glacière
Ce jour-là, le ciel du village est d'un gris pesant. La pluie tombe, accompagnée du hurlement des sirènes des gendarmes appelés en urgence. Un jeune homme, encore en état de choc, a alerté les autorités après avoir fait la sinistre découverte. En effet, dans le garage de la maison qu'il partage avec ses frères et sœurs, les gendarmes trouvent une bassine orange, à l'intérieur de laquelle se trouve le corps d'un nouveau-né, enveloppé dans une robe de chambre à carreaux.
La scène est insupportable : des traces de rongeurs portent témoins du drame, tandis qu'un examen médical révèle que l'enfant, né à terme, mesurerait 50 centimètres pour 2,750 kilos. Selon le médecin légiste, le décès daterait d'environ quinze jours, un constat désolant d'une carence abominable de soins. Les enquêteurs se retrouvent face à une question omniprésente : le corps a-t-il été déposé à cet endroit pour camoufler quelque chose ou souffle-t-il de l'intérieur de la maisonnée voisine ?
Une fratrie livrée à elle-même
La maison abrite une fratrie de cinq enfants d'origine portugaise, laissée à elle-même. Un an auparavant, les parents sont partis, laissant l'aînée, Tina, 19 ans, assumer le rôle de chef de famille et de pourvoyeuse dans une usine de fabrication de chaussures. Ce jour-là, alors qu'elle travaille, elle rentre pour découvrir une scène qui va bouleverser sa vie. Alertée par les voitures de gendarmerie stationnées dans l'impasse, son visage se fige à l'annonce des faits.
Il n'aura pas fallu longtemps aux enquêteurs pour remarquer que plusieurs personnes dans le voisinage avaient observé un léger changement dans la silhouette de Tina ces derniers mois. Ils savent que les grossesses cachées sont souvent liées à des cas d'infanticides. Dans ce contexte, les révélations qui suivront vont à la fois bouleverser et choquer.
Les aveux de l'aînée de la famille
Finalement, Tina, confrontée aux gendarmes, s'effondre et révèle qu'elle est effectivement la mère du nourrisson. Un an auparavant, après le départ de ses parents, elle avait commencé une relation secrète avec Robert, un ferrailleur de 21 ans. Surprenante, cette relation est vite devenue une réalité de vie compliquée et difficile.
Tina, alors enceinte à l'été 1989, se retrouve isolée. À l'hôpital, on lui annonce qu'il est trop tard pour une interruption de grossesse. Faute de moyens financiers pour avorter à l'étranger, la jeune femme choisit de garder le silence sur sa grossesse qui ne sera jamais remarquée, même par son médecin du travail. Son accouchement se déroule dans la solitude du foyer, et après avoir mis au monde l'enfant, elle le place dans une cuvette et le laisse, inconsciente des conséquences dévastatrices de cet acte.
Le temps de la justice
Tina est mise en examen pour délaissement d’enfant entraînant la mort et purge une détention de sept mois avant son procès. Lors des débats devant la cour d'assises, l'avocate générale aborde le sujet délicat de son déni psychique face à la maternité. Bien que son crime soit gravissime, Tina ne retournera finalement pas en prison.
Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho
Cet événement tragique fait partie des nombreuses affaires examinées par Thierry Sagardoytho. À travers ses chroniques, il révèle à quoi ressemblait un dossier parmi tant d'autres, soulignant ainsi la détresse humaine. Un rappel poignant que la vie est parfois pleine de mystères, d'angoisses et de réalités tragiques.







