Après avoir déjà été condamné à deux reprises à 28 ans d'emprisonnement, Nicolas Zepeda se trouve de nouveau face à la justice. Son dernier verdict, annulé par la Cour de cassation en 2025 pour une irrégularité procédurale, le voit aujourd'hui rejugé à Lyon pour l'assassinat présumé de Narumi Kurosaki, son ex-petite amie japonaise, portée disparue depuis 2016.
Le procès, qui s'ouvre ce mardi 17 mars, s'étendra sur près de trois semaines. Bien que Zepeda continue de clamer son innocence, son avocat, Sylvain Cormier, a averti que les débats pourraient s'avérer intenses. La défense pourrait se heurter à des éléments accablants, notamment des témoignages et des indices qui pointent vers un éventuel féminicide.
Le procès de Zepeda, un Chilien âgé d'une trentaine d'années, suscite un vif intérêt médiatique. Même si aucun corps n'a jamais été retrouvé, les accusations de l'accusation s'appuient sur des preuves indirectes solides. Selon des sources judiciaires, un faisceau d'éléments matériels et de témoignages évoque la préméditation. Les enquêteurs de Franceinfo ont mis en avant l'absence de preuves directes mais un ensemble d'indices « concordants » qui tendent à établir la culpabilité de Zepeda.
"Comme dans un film d'horreur"
La relation tumultueuse entre Zepeda et Kurosaki a débuté au Japon en 2014. En 2016, lorsque Narumi arrive à Besançon pour ses études de français, elle se sépare de lui après un mois, le qualifiant de possessif. Des échanges de messages passionnés mais menaçants témoignent de la tension entre les deux. Zepeda, dont les déplacements ont été retracés grâce à des données de localisation, a été vu en train de surveiller son ex-petite amie et son nouveau partenaire, relance l'enquête.
Narumi est aperçue vivante pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Ce soir-là, des voisins ont rapporté des cris terrifiants, décrits comme « semblables à un film d'horreur ». Zepeda prétend avoir partagé un dîner avec elle et d'autres interactions, mais les incohérences dans son récit ont éveillé des soupçons.
Comme l’a expliqué l'avocat général lors des précédents procès, Zepeda aurait agi sous le coup de son humiliation et de sa jalousie. Selon les autorités, il serait responsable non seulement de la disparition, mais également de la dissimulation du corps de l'étudiante, qui aurait été enterré ou immergé dans un sous-bois à proximité d'une rivière. Ce scénario dramatique ajoute à la complexité du dossier et à l'intérêt du public pour ce procès sans précédent.







