Une étude de la Fédération hospitalière de France met en lumière la dégradation alarmante de l'accès aux soins en France.
Un constat préoccupant s'impose : près de 73 % des Français ont déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, selon une enquête de la Fédération hospitalière de France relayée par Franceinfo et LCI.
Parmi les raisons évoquées, on trouve le délai d'attente pour un rendez-vous (59 %), le coût (40 %) et la distance à parcourir (38 %). Ces éléments soulignent une crise croissante dans l'accès aux soins, particulièrement dans les zones rurales.
Comparée à l'enquête de 2019, il faut désormais attendre trois fois plus longtemps pour voir un médecin généraliste, soit 12 jours en moyenne. Les délais sont encore plus significatifs pour d'autres spécialités : environ quatre mois et demi pour un dermatologue, trois mois pour un cardiologue, et deux mois ou plus pour consulter un ophtalmologue, un ORL ou un gynécologue.
À Paris, bien que les temps d'attente soient généralement plus courts, il faut compter encore huit semaines pour voir un spécialiste comme un dermatologue ou un cardiologue. Selon l'étude du Parisien, cette ville a perdu près de 24 % de ses médecins généralistes entre 2010 et 2024.
dégradation du service public
Au-delà des délais d'attente, c'est un sentiment général de dégradation du service public de santé qui prévaut. Selon l'enquête, 90 % des Français expriment leur colère face au manque de ressources allouées aux hôpitaux et aux conditions de travail du personnel soignant. Ce mécontentement est particulièrement élevé en Martinique, où il atteint 82 %.
Une étude du ministère de la Santé, parue l'année dernière, avait déjà souligné l'aggravation de la crise dans le secteur hospitalier au cours de la dernière décennie, révélant une hausse de 13 % des passages aux urgences entre 2013 et 2023. Le temps d'attente entre l'enregistrement et la sortie a également augmenté, passant de 4 à 5 heures.







