À partir de ce mardi, le Chilien Nicolas Zepeda est de nouveau devant la cour d’assises à Lyon, pour un procès qui soulève des questions profondes autour d’une relation tragique et d’une disparition inquiétante. Accusé de l’assassinat de son ex-petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, en 2016, cet homme de 36 ans refuse de reconnaître les charges qui pèsent contre lui, malgré des preuves accablantes.
Alors qu'il a été condamné à deux reprises à des peines cumulées de 28 ans de prison, ces verdicts ont été annulés par la Cour de cassation en 2025, en raison de vices de procédure. Selon son avocat, Sylvain Cormier, Zepeda maintiendra son innocence tout au long de ce nouveau procès, qui s’étalera sur près de trois semaines.
Malgré l'absence de corps et d'aveux, les éléments rassemblés illustrent un scénario tragique de « féminicide » prémédité. L'accusation s'appuie sur des indices solides : des bornages téléphoniques, des témoignages d'étudiants et des comportements qui indiquent une surveillance obsessive de la part du prévenu, semble-t-il ébranlé par une rupture.
Le couple s'est rencontré en 2014, au Japon, mais leur relation a pris un tournant inquiétant lorsque, dans la résidence universitaire de Besançon, Narumi a décidé de rompre, faisant part de son sentiment de surprotection face à Zepeda.
Le dernier signe de vie de Narumi remonte au 4 décembre 2016, alors qu’elle regagne sa résidence. Des cris potentiellement alarmants résonnent cette nuit-là, décrits par des voisins comme dignes d'un film d'horreur. Zepeda, quant à lui, évoque une rencontre inattendue et un dîner romantique, affirmant que cela expliquerait les bruits entendus. Cependant, cette version est largement considérée comme « incohérente » par les procureurs.
L'avocat général, lors des procès précédents, a articulé un modèle de possession et de rejet qui aurait conduit Zepeda à commettre l'irréparable. Les investigations révèlent qu'il avait passé du temps dans une région boisée, à quelques jours de la disparition de Narumi, avec des preuves matérielles liant Zepeda à des actions suspectes.
Des éléments troublants sont également mis en lumière : le portefeuille de Narumi, ainsi que ses cartes bancaires et son téléphone, étaient laissés dans sa chambre, manifestement nettoyée avec soin. De plus, Zepeda a effectué des achats suspects, notamment d'un bidon de produit combustible, renforçant les soupçons à son égard.
Les incohérences dans les messages envoyés après la disparition, prétendument de Narumi, semblent indiquer un mensonge orchestré pour tromper son entourage. L'achat d'un billet de train à son nom et des interrogations troublantes sur le décès croisées avec des échanges avec des proches avant son retour au Chili alimentent le mystère.
Ce procès est bien plus qu'une simple affaire judiciaire; il soulève des questions sur la violence de genre et les relations destructrices. Les experts et les observateurs insistent sur la nécessité de comprendre les dynamiques relationnelles qui peuvent mener à des tragédies. Le climat actuel dans la société française, avec une attention croissante portée aux violences faites aux femmes, rend ce procès particulièrement pertinent.







