Quatre individus ont été reconnus coupables d'avoir arnaqué 14 cavistes en Picardie et dans le Nord, en décembre 2025. Ils avaient loué des tireuses à bière et commandé des alcools, réglant le tout avec des chèques sans provision, entraînant un préjudice total de plus de 32.000 euros. Un cinquième homme a été relaxé.
Entre le 5 et le 15 décembre 2025, ce groupe de malfaiteurs a frappé des établissements à Rosières-en-Santerre, Chaulnes, Chauny, Laon, Noyon et Cambrai. Le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné le cerveau de l'escroquerie à 2 ans de prison ferme, tandis que ses complices écopent de 18 et 15 mois de prison. Le plus jeune, dont le casier judiciaire était vierge, a été condamné à 8 mois, avec possibilité d'aménagement. Le verdict a suscité des répercussions au sein des cavistes, qui sont désormais sur la défensive et s'inquiètent du retour de la confiance.
Les prévenus, provenant de la communauté des gens du voyage, avaient été interpellés lors d'une enquête lancée après que des cavistes ont signalé ces arnaques. Le principal accusé a expliqué qu'il avait agi ainsi en raison de dettes et de la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille : "J’avais des dettes et je devais subvenir aux besoins de mes enfants", a-t-il déclaré.
Les complices ont justifié leur participation en indiquant qu'ils avaient simplement voulu rendre service. Mais le procureur a souligné une coordination claire entre les membres du groupe, établissant qu'il s'agissait bien d'une bande organisée. Des vidéos de surveillance ont joué un rôle crucial dans l'enquête, amenant les autorités à agir rapidement au moment où les cavistes ont commencé à s'inquiéter de leurs opérations.
Les impacts économiques ne se limitent pas à des arnaques individuelles. Les cavistes, désormais méfiants, envisagent des pertes conséquentes et un besoin de renforcer la vigilance au sein de leur secteur. L'avocate de deux d'entre eux a même évoqué l'angoisse ressentie par ses clients : "Mes clients sont devenus hypervigilants, leur image est entachée", a-t-elle indiqué, tout en réclamant des réparations pour les pertes financières.
Malgré un appel à la sévérité du parquet, qui a fait valoir la nécessité de sanctionner ce phénomène de manière adéquate, le tribunal a finalement prononcé des peines moins sévères que celles demandées. Ce jugement soulève des questions sur la perception de la criminalité et la protection des commerçants, qui se retrouvent sur le devant de la scène après cette affaire largement médiatisée. Les condamnés ont désormais 10 jours pour faire appel de cette décision.







