Des révélations qui interpellent
La Défenseure des droits, Claire Hédon, a récemment qualifié d'«usage disproportionné de la force» l'interpellation de Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, décédé en janvier 2020 à la suite d'un contrôle policier. Lors de cet incident, survenu le 3 janvier, M. Chouviat avait été arrêté par quatre agents de police alors qu’il circulait à scooter, utilisant son téléphone portable.
Ce rapport, dévoilé par le Nouvel Obs après une enquête de six ans, révèle des éléments troublants. Claire Hédon a affirmé : «On assiste à un dérapage verbal puis physique». Cédric Chouviat avait filmé son interpellation, fournissant des enregistrements cruciaux pour l'enquête. Ce dernier avait exprimé son distress à plusieurs reprises, déclarant «j'étouffe» avant de tomber dans l'inconscience.
La Défenseure des droits souligne que rien n'a été fait pour «permettre une désescalade du conflit» durant l'interpellation, pointant particulièrement du doigt la technique du plaquage ventral. Les conclusions de l'enquête administrative de 2021 ont mis en lumière des «manquements déontologiques» de la part des policiers impliqués.
Des vidéos montrent Cédric Chouviat, en détresse, suppliant les policiers de relâcher son casque tout en répétant à l'envi «j'étouffe». Son décès, survenu deux jours après l'interpellation, a suscité une vaste indignation. La DDD estime que la réaction des policiers face à ses paroles et gestes, bien que pouvant être interprétée comme une opposition, ne justifie en aucun cas l'usage d’une clé d’étranglement, qui a été appliquée à deux reprises.
Enfin, la Défenseure appelle le ministre de l'Intérieur à engager des procédures disciplinaires contre les agents impliqués, ces actions étant jugées non seulement excessives mais aussi illégitimes au regard de la situation de Cédric Chouviat. La mort de cet homme soulève de sérieuses questions sur les pratiques policières et appelle à un débat public sur le sujet.







