Selon l'étude publiée ce mercredi par la Drees, les plus pauvres en France sont les moins couverts par les complémentaires santé. Ainsi, 7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté n'en bénéficient pas, un chiffre presque double par rapport à la moyenne nationale qui s'établit à 3,4 % (hors Mayotte).
Les ménages très modestes peinent à trouver une couverture, malgré l'existence de la complémentaire santé solidaire (C2S), un dispositif proposé gratuitement ou à tarif réduit pour les personnes aux ressources limitées. Intriguant, comme le pointe l'étude de la Drees, est le fait qu'une partie de la population éligible à ce programme ne fait pas de demande.
Parmi les 20 % de Français les plus démunis, le taux de non-couverture atteint 7 %. Ce taux grimpe à 11 % chez les chômeurs et 10 % parmi les étrangers. En revanche, 5 % des familles monoparentales sont également laissées pour compte dans ce domaine, tandis que le taux de non-couverture für la population générale se restreint à 3 %.
Il est à noter que les personnes en affection de longue durée (ALD) ne semblent pas renoncer davantage à une complémentaire santé que les autres assurés, bénéficiant d'un meilleur remboursement de leurs dépenses par l'Assurance maladie.
Des enjeux financiers à l'origine de cette situation
Comme expliqué dans l’étude, l’absence de couverture s'explique d'abord par des considérations économiques. Une personne non couvert sur trois déclare ne pas avoir les moyens de payer une complémentaire santé. De plus, 15 % affirment ne pas en avoir besoin, 12 % sont en cours d’adhésion, et 10 % manquent de temps ou d'informations pour souscrire.
La satisfaction à l'égard des remboursements varie grandement en fonction des contrats. Les assurés de la C2S se disent les plus satisfaits, tandis que ceux ayant souscrit à des complémentaires individuelles expriment un niveau de satisfaction nettement inférieur.
Ce constat met en lumière les inégalités d'accès à la santé en France, appelant à un renforcement des dispositifs d'aide pour les populations les plus vulnérables. Les experts soulignent la nécessité d'informations claires sur les choix d'assurance, mais aussi l'importance d'une éducation à la santé pour éviter que des motifs financiers ne nuisent à l'accès aux soins.







