Alors que les prix de l'énergie continuent d'escalader, l'Union européenne appelle à des efforts concertés pour réduire la demande en pétrole. L'institution souligne que des mesures nationales et communes doivent être mises en place pour atténuer l'impact de cette crise énergétique.
À l'issue d'une réunion des ministres européens de l'énergie, le commissaire Dan Jorgensen a déclaré : « Nous devons agir, car la situation pourrait devenir plus critique. Je conseille vivement aux États membres d'envisager toutes les options pour réduire leur consommation de pétrole ». Les suggestions vont de la réduction du trafic automobile aux voyages aériens.
Une réponse variée des États membres
Depuis le début du conflit en Ukraine, le gaz a vu son prix grimper de 70 % en Europe, tandis que le pétrole a augmenté d'environ 60 %. Cela représente un coût supplémentaire de 14 milliards d'euros pour l'ensemble de l'Union européenne. Toutefois, les réponses des pays sont disparates. La France, par exemple, a décidé de déployer des aides ciblées d'environ 70 millions d'euros pour aider les agriculteurs et les transporteurs à faire face à des factures de carburant élevées. En revanche, l'Espagne a introduit un plan de soutien de 5 milliards d'euros, incluant une réduction de la TVA et des remises sur le prix du carburant jusqu'à 30 centimes par litre.
De son côté, l'Italie a adopté un décret temporaire pour réduire le prix des carburants de 25 centimes par litre. Le Portugal et la Suède ont également mis en place des mesures similaires, mais aucune de ces initiatives ne semble coordonnée au niveau européen. Dan Jorgensen a appelé à éviter les mesures qui pourraient paradoxalement augmenter la consommation de carburant.
Vers une boîte à outils européenne
L'UE prévoit de proposer une « boîte à outils » pour permettre aux différents pays de répondre à la hausse des coûts énergétiques. Celle-ci comprendra des recommandations telles que la réduction de la vitesse sur les routes, le télétravail, et la promotion des transports publics. Selon la Commission européenne, des solutions doivent être trouvées pour répondre à une crise qui risque de s'installer sur le long terme. Jorgensen a ajouté, même dans le meilleur des scénarios, si la paix revenait demain au Moyen-Orient, la situation énergétique resterait complexe à cause des infrastructures détruites.
Pour profiter des bénéfices à long terme, il est impératif d'aligner les efforts européens. Le spécialiste de l'énergie à l'Institut Jacques-Delors, Phuc-Vinh Nguyen, souligne également que « la réduction coordonnée de la demande est l'une des quelques façons pour l'UE de gérer la pression des prix ». Un plan d'électrification européen est prévu pour mai prochain, mais une accélération pourrait être envisageable si les bonnes pratiques étaient recensées et mises en évidence.







