En 2025, l'Iran a officiellement enregistré au moins 1639 exécutions, un chiffre tragique qui marque une hausse de 68 % par rapport à l'année précédente. Dans ce total, 48 femmes figurent parmi les victimes de cette politique répressive. Selon des organismes de défense des droits humains, tels que Iran Human Rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), les autorités iraniennes exploitent la peine capitale pour intimider les minorités et les participants aux manifestations, surtout dans le contexte de tensions géopolitiques croissantes avec Israël et les États-Unis.
Encore une fois, ces ONG signalent que le chiffre des exécutions pourrait être bien inférieur à la réalité, car de nombreuses exécutions ne sont pas relayées par les médias d'État. Elles alertent aussi sur le risque accru d'exécutions destinées à maintenir la peur au sein de la population. Le rapport souligne que le nombre moyen d'exécutions en 2025 est de plus de quatre par jour, ce qui constitue un record depuis 2008.
Des experts, dont Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'IHR, expliquent que « cette campagne inexorable de répression vise à décourager toute opposition », signalant que des centaines de manifestants arrêtés lors des récentes émeutes sont toujours sous la menace de la peine de mort. Ces manifestations, qui ont causé des milliers de morts et des dizaines de milliers d'arrestations, ont été violemment réprimées.
Le rapport met en lumière une utilisation disproportionnée de la peine de mort à l'encontre des minorités ethniques, notamment les Kurdes et les Baloutches, souvent marginalisés par le régime. Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d'ECPM, dénonce : « Les minorités ethniques et d'autres groupes marginalisés sont sur-représentés parmi les exécutés », soulignant une discrimination systématique dans l'application des lois pénales.
Prenant en compte les tendances récentes, l'IHR indique que près de la moitié des exécutions de l'année ont été pour des délits liés à la drogue. Le nombre de femmes exécutées a également atteint un niveau alarmant, avec une augmentation de 55 % par rapport à 2024. De plus, les 11 exécutions publiques réalisées cette année représentent une hausse significative par rapport aux années précédentes.
Amnesty International et d'autres organisations humanitaires ne cessent de rappeler que l'Iran est en tête des pays en matière d'exécutions par habitant, rivalisant uniquement avec la Chine, pour laquelle les données restent floues. L'avenir semble sombre, alors que les appels à l'éradication de la peine de mort se multiplient face à cette réalité tragique.







