Les pourparlers incessants entre les États-Unis et l'Iran, tenus à Islamabad, se sont soldés par un échec dimanche, suscitant des doutes quant à la pérennité de la trêve de deux semaines récemment établie. Le Pakistan, agissant en tant que médiateur, a appelé à respecter cette trêve malgré l annonce de résultats décevants.
Ces pourparlers ont duré plus de 20 heures, mais aucune avancée significative n'a été réalisée. Ni les États-Unis ni l'Iran n'ont communiqué sur l'avenir de ce cessez-le-feu, qui doit expirer le 22 avril. Ce cessez-le-feu, le premier depuis le début du conflit déclenché par l'assaut américano-israélien contre l'Iran le 28 février, a déjà coûté la vie à des milliers de personnes et envenimé la situation géopolitique du Moyen-Orient, sans parler des retombées économiques globales, comme l'a noté le Journal Humanité.
À l'issue des négociations, le vice-président américain JD Vance a exprimé sa déception face à l'absence d'une « promesse ferme » d'abandon du programme nucléaire iranien, condition préalable du président américain. Néanmoins, il a laissé entendre qu'il accordait encore un délai à Téhéran pour considérer l'offre des États-Unis.
Washington tente d'imposer des conditions
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a critiqué les États-Unis sur les réseaux sociaux, les qualifiant d'« incapables » de gagner la confiance de l'Iran. L'échec des négociations a été attribué par Téhéran aux « demandes déraisonnables » des Américains, selon la chaîne d'État iranienne.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a déclaré que les attentes d'un accord immédiat étaient irréalistes, citant une « atmosphère de suspicion et de méfiance » qui persiste entre les deux nations. De son côté, l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a évoqué une tentative américaine de « dicter leurs conditions » comme cause principale de l'échec des pourparlers.
Une situation complexe
Si le nucléaire était au cœur des discussions, d'autres facteurs, comme le contrôle du détroit d'Ormuz, impactent grandement l'approvisionnement mondial en hydrocarbures. L'armée américaine a récemment annoncé qu'elle menait des opérations pour déminer cette zone stratégique, tandis que l'Iran a menacé de réagir sévèrement à toute présence militaire dans le détroit.
Dimanche, suite à une suspension des hostilités, l'Arabie Saoudite a révélé que son oléoduc stratégique était à nouveau « en état de fonctionnement ». Cela survient après que l'Iran ait mené des attaques en représailles aux opérations israélo-américaines visant des installations pétrolières et gazières en plusieurs lieux du Golfe.
Des vies perdues, un avenir incertain
Le conflit au Moyen-Orient a causé des pertes massives, en particulier en Iran et au Liban, où les chiffres dépassent 2000 morts. Après l'annonce du cessez-le-feu, Israël a déclaré que le Liban, où il engageait des combats contre le Hezbollah, ne faisait pas partie de cet accord, aggravant la situation humanitaire.
Les autorités libanaises signalent 2020 morts et 6436 blessés depuis le début de la guerre. Selon une évaluation récente, au moins 357 personnes ont perdu la vie lors des frappes israéliennes au Liban, marquant l'une des journées les plus meurtrières du conflit.
Alors que les discussions entre le Liban et Israël doivent reprendre mardi à Washington, la route vers la paix semble toujours semée d'embûches, comme le souligne le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui aspire à un « accord de paix qui tiendra pour des générations ». Mais face à l'ampleur des souffrances, les citoyens libanais s'interrogent sur l'absence de véritable action internationale.







