Les négociations intensives menées à Islamabad entre les États-Unis et l'Iran se sont soldées par un échec ce dimanche, laissant planer des doutes concernant la respect d'une trêve de deux semaines, qui semblait pourtant maintenir sa solidité.
En tant que médiateur, le Pakistan a rapidement appelé à la poursuite de l'observation de cette trêve, cruciale pour le maintien de la paix dans la région. Aucun des deux camps, américain ou iranien, n'a souhaité commenter l'avenir de ce cessez-le-feu, qui doit expirer le 22 avril. Ce dernier est le premier depuis le début de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran, provoquant la mort de milliers de personnes et plongeant le Moyen-Orient dans le chaos.
À l'issue des pourparlers, le vice-président américain JD Vance a quitté le Pakistan après avoir présenté ce qu'il a qualifié d'"offre finale" aux dirigeants iraniens. Bien qu'il ait exprimé des réserves sur l'absence de garanties solides de la part de Téhéran concernant l'abandon de son programme d'armement nucléaire, exigence primordiale du président américain, il a aussi indiqué que les États-Unis étaient prêts à accorder un délai à l'Iran pour évaluer l'offre.
Du côté iranien, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a fait part de sa frustration face aux États-Unis, qu'il a jugés "incapables" d'établissement de la confiance. La télévision d'État iranienne a rapporté que l'échec des discussions était attribué aux "demandes irréalistes" de la part des Américains. Dans une déclaration, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a reconnu l'existence d'une "atmosphère de méfiance" entourant les pourparlers.
L'ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a également évoqué ce manque de confiance, arguant que les tentatives des États-Unis de "dicter leurs conditions" avaient conduit à l'impasse actuelle. Bien que JD Vance ait mis l'accent sur la question nucléaire, il n'a pas abordé la situation au détroit d'Ormuz, un point névralgique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, bloqué par l'Iran depuis le début des hostilités.
L'armée américaine a annoncé avoir effectué une opération pour sécuriser ce détroit, renforçant les tensions régionales. Donald Trump a confirmé cette opération, tout en affirmant que le détroit était sous surveillance renforcée. Les Gardiens de la Révolution, forces d'élite de l'Iran, ont menacé de réagir de manière "sévère" à tout passage de navires militaires.
Dans ce contexte, les autorités saoudiennes ont informé que leur oléoduc, essentiel pour les exportations de brut, est désormais opérationnel après des attaques de représailles de l'Iran. À ce jour, la guerre a causé plus de 2 000 décès au Liban et de lourdes pertes humaines en Iran.
Israël a réaffirmé que ses opérations militaires au Liban, où il combat le Hezbollah, n'étaient pas couvertes par l'accord de trêve. En tout, les autorités libanaises ont rapporté 2 020 morts et 6 436 blessés depuis le début des hostilités, avec les frappes israéliennes ayant causé au moins 357 décès en une seule journée mercredi dernier.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exprimé son désir d'atteindre un accord de paix durable, qui pourrait persister pour des générations. Pendant ce temps, au Liban, des pourparlers doivent débuter entre le Liban et Israël à Washington, mais sont rejetés par le Hezbollah.







