Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a récemment souligné que l'expérience et l'expertise militaires de l'Ukraine sont désormais recherchées à l'échelle mondiale. En marge de la célébration du Jour de l'Armurier, il a annoncé que son pays entamait des discussions avec divers États européens pour mettre en place un système de défense aérienne commun.
« Cette semaine, nous engagerons des négociations avec nos partenaires européens pour établir un tel système. Je suis convaincu que l'Ukraine deviendra une composante essentielle du dispositif de sécurité européen, sinon certaines nations risquent de sombrer dans l'orbite du monde russe », a-t-il précisé.
Il a également rappelé que les compétences sécuritaires de l'Ukraine font d'elle un « producteur mondial de force et de sécurité », des notions déjà reconnues par de nombreux pays, y compris ceux du Moyen-Orient, suite à ses récentes rencontres là-bas.
Les informations concernant les intentions exactes du président ukrainien demeurent ambiguës. Les spécialistes, comme ceux de Militarnyi, s'interrogent sur la nature des systèmes de défense aérienne envisagés : s'agit-il d'une initiative pour créer des systèmes totalement intégrés ou simplement d'une harmonisation des dispositifs nationaux existants ?
Des collaborations industrielles déjà concrétisées
Combinant ses efforts diplomatiques avec une stratégie industrielle, l'Ukraine intensifie sa volonté de produire localement des missiles pour les systèmes de défense aérienne occidentaux employés par ses forces. La nécessité d'une production nationale de missiles sol-air avait été suggérée lors de la réunion de Ramstein en avril dernier, mais les réticences de certains partenaires, notamment de Washington sur l'exportation de licences pour le système Patriot, ont freiné ces discussions.
Malgré ces défis, plusieurs collaborations industrielles ont vu le jour, comme celle avec le gouvernement norvégien et Kongsberg Defence & Aerospace, qui soutient le développement de missiles ukrainiens adaptés au système Nasams. L'intégration de ces nouvelles technologies a été confirmée, avec la création d'une coentreprise en Ukraine pour renforcer la production de ces missiles grâce à une expertise locale.
D'autres entreprises ukrainiennes s'impliquent également, comme Fire Point qui développe le projet « Freya », cherchant à amalgamer des technologies nationales dans un système de défense antimissile intégré. Ce projet vise à mélanger les capacités ukrainiennes sur des systèmes comme les S-300/S-400 avec des radars européens, illustrant bien l'aspiration de l'Ukraine à faire partie intégrante du paysage de la sécurité européenne.







