Le Soudan, déchiré par près de trois ans de guerre entre l'armée et les paramilitaires, entre dans une phase critique où la pauvreté touche un nombre croissant de ses habitants. La communauté internationale s'est réunie cette semaine à Berlin, espérant récolter plus d'un milliard de dollars pour répondre aux besoins urgents de la population.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exprimé son espoir de dépasser les engagements de la dernière conférence à Londres, où un milliard de dollars avait été promis. Il a souligné l'importance d'agir rapidement, alors que l'ONU qualifie la situation de "pire crise humanitaire au monde", avec 12 millions de Soudanais déplacés et une famine galopante.
Au début de la conférence, Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine, a déploré la faible couverture médiatique du conflit. Wadephul a également signalé le "regret" face à la diminution de l'engagement des États-Unis dans cette crise, malgré un soutien financier de 579 millions de dollars prévu jusqu'en 2025.
A cette occasion, des gouvernements, des agences humanitaires et des organisations de la société civile se sont réunis, bien que les deux belligérants, l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR), étaient absents. Un représentant américain a plaidé pour une "pause de trois mois" dans les combats, afin de permettre l'accès humanitaire et de poser les bases d'une future paix.
Malgré ces efforts, les précédentes conférences à Londres et Paris n'ont pas conduit à des avancées tangibles. Les témoignages de civils, comme celui d'Amgad Ahmed, illustrent un quotidien devenu intenable : "Nous avons perdu notre travail, nos économies et tout sentiment de stabilité". Plus de 700 civils ont perdu la vie à cause des frappes aériennes depuis janvier, alors que les combats continuent de faire rage, surtout dans les régions du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.
Dans la capitale Khartoum, un fragile calme s'est installé, permettant aux marchés de rouvrir et aux écoles de reprendre les cours après deux ans de fermetures massives. Environ 1,7 million de personnes sont revenues, mais le danger persiste avec des bombes non explosées éparpillées dans la ville.
Les dynamiques régionales compliquent la situation : l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie apportent leur soutien à l'armée, tandis que les Émirats arabes unis sont accusés d’armer les FSR. Les pourparlers du "Quad" (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats et Égypte) ont stagné, exacerbant l'incertitude diplomatique. Alors que les infrastructures sont ravagées, la guerre a plongé des millions de Soudanais dans l'insécurité alimentaire, la famine ayant été déclarée dans plusieurs régions, selon l'ONU.







