Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban a été instauré vendredi matin, suite à l'annonce du président américain Donald Trump. Toutefois, l'armée libanaise a rapidement signalé des violations israéliennes, surtout dans le sud du pays.
Cette trêve est entrée en vigueur à minuit, heure locale (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflits, principalement entre Israël et le mouvement Hezbollah. À Beyrouth, des tirs de joie ont résonné dans le bastion du Hezbollah, témoignant de l'espoir d'un retour à la paix.
Des journalistes de l'AFP ont rapporté des scènes de fête, avec des habitants brandissant le drapeau jaune du Hezbollah et des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, qui a été tué par Israël en 2024. "Nous en avons assez de la guerre, nous souhaitons la paix", a déclaré Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans.
Quelques heures après le début de la trêve, l'armée libanaise a dénoncé "un certain nombre de violations" de la part d'Israël, incluant des bombardements sporadiques qui ont atteint plusieurs villages. L'institution militaire a également conseillé aux personnes déplacées par le conflit de ne pas revenir trop tôt dans le sud du Liban.
Le Hezbollah a réagi en bombardant des positions israéliennes près de Khiam, arguant que ces actions étaient en réponse aux violations israéliennes du cessez-le-feu. Les médias locaux, tels que l'Agence nationale d'information (Ani), ont rapporté des frappes sur Khiam et le voisinage, ainsi que des survols de drones dans la région.
Dans ses déclarations, Donald Trump a exprimé l'espoir que le Hezbollah respecterait cette trêve, la qualifiant d'occasion pour une tèleffectuer une rencontre historique entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Malgré la trêve, les hostilités avaient continué jusqu'à son annonce, avec des frappes israéliennes ayant causé la mort de sept personnes et blessé 33 autres, selon le ministère libanais de la Santé.
Depuis le début des conflits, le Liban a vu plus de 2 000 de ses citoyens perdre la vie, provoquant le déplacement d'environ un million de personnes, soit un cinquième de la population, selon l'ONU. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a exprimé son soutien à l’accord tout comme Netanyahu, qui le perçoit comme potentiel pour un "paix historique".
Malgré tout, des analystes prévoient que ces espoirs pourraient être fragiles. L'avocat Tarek Bou Khalil a déclaré, assis dans un café de Beyrouth, que "néanmoins, on ne peut pas prendre Trump au mot, et Netanyahu n'est pas digne de confiance". Selon lui, les pressions liées aux tensions régionales ont contraint les deux parties à accepter ce cessez-le-feu, mais la méfiance demeure.







