La Commission européenne se prépare à accueillir une délégation talibane dans les mois à venir pour discuter de la question des migrants afghans. Selon le site d'information Euractiv, cette réunion, initialement prévue en mars, pourrait se tenir avant l'été 2026.
En janvier 2026, une photo a suscité des réactions enflammées : des fonctionnaires européens souriant devant une fresque à l'aéroport de Kaboul. Ce n'est pas la première fois que des représentants de l'Union européenne se rendent en Afghanistan, ayant déjà effectué deux visites pour évaluer la possibilité de renvoyer des Afghans ayant essuyé des refus d'asile.
Le régime taliban : un interlocuteur difficile
Cette rencontre soulève d'importantes questions, notamment sur la reconnaissance du régime taliban par l'Europe. Actuellement, ce gouvernement n'est pas reconnu, ce qui complique la situation des migrants expulsés, souvent sans papiers. Les discussions devront nécessairement aborder le statut et le traitement des personnes concernées.
Un aspect moral se greffe également à ce débat. Les droits humains en Afghanistan sont largement floués, et la question de renvoyer des individus, même condamnés, dans un pays où la population souffre est légitime. Nos dirigeants doivent réfléchir à la légitimité d’une telle démarche vis-à-vis d’un régime non reconnu par l’Union européenne.
Malgré ces défis, plusieurs pays de l'UE, tels que la Belgique, l'Allemagne et l'Autriche, soutiennent cette initiative. Des vols ont même été affrétés pour ramener des Afghans condamnés, médiatisés par le Qatar.
En parallèle, des tensions persistent en Suède où les partis d'extrême droite militent pour des expulsions, tandis qu'en Pologne, des Afghans se retrouvent bloqués suite à des manœuvres migratoires orchestrées par la Biélorussie. Varsovie a promis d'évaluer chaque cas individuellement avant de procéder à des renvois vers l'Afghanistan.







