Israël et le Liban vont se rencontrer ce jeudi à Washington pour une nouvelle session de discussions au niveau des ambassadeurs, sous l'égide des États-Unis. L'objectif principal de Beyrouth est de demander une prolongation d'un mois de la trêve entrée en vigueur le 17 avril dernier.
Avant ces pourparlers, Israël a déclaré ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, tout en appelant à une collaboration contre le Hezbollah, qui reste l’élément perturbateur majeur de cette dynamique. Cet acteur, pro-iranien, est hors des discussions en cours.
Les deux nations, techniquement toujours en guerre, avaient déjà tenu une réunion le 14 avril à Washington, marquant la première rencontre de ce type depuis 1993. Cette réunion visait à mettre un terme à la guerre qui s'est intensifiée à partir du 2 mars, lorsqu'une offensive du Hezbollah sur Israël a déclenché une escalade violente.
Depuis l'instauration d'une première trêve de dix jours, plus de 2.400 personnes ont perdu la vie et un million de déplacés se sont accumulés du côté libanais, selon des sources locales.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, présidera les négociations, réunissant les ambassadeurs d'Israël, Yechiel Leiter, et du Liban, Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa. Pour cette rencontre, l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, sera également présent, apportant un rôle supplémentaire à lors de cette session cruciale.
Alors que les bombardements israéliens se poursuivent, une journaliste libanaise, Amal Khalil, a tragiquement été tuée mercredi, aux côtés de sa collègue Zeinab Faraj, dans la localité d'al-Tiri, où elles travaillaient pour le quotidien Al-Akhbar. L'agence de presse Ani a également signalé plusieurs autres pertes humaines en raison des frappes israéliennes ce jour-là.
En prévision des négociations à Washington, une source officielle a déclaré à l'AFP que "le Liban demandera une prolongation d'un mois de la trêve, le respect rigoureux du cessez-le-feu, et l'arrêt des opérations israéliennes de dynamitage dans les zones affectées". De son côté, le président libanais Joseph Aoun a souligné que ces discussions visent notamment à "mettre fin aux agressions israéliennes et obtenir le retrait des troupes israéliennes du Liban".
Les pourparlers viennent après que les deux nations aient convenu d'un engagement envers des négociations directes pour établir une paix durable, dont la date et le lieu restent à définir.
Simon Karam, un diplomate expérimenté, a été désigné pour diriger la délégation libanaise lors des discussions. Mercredi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a réitéré qu'Israël n'avait pas de "désaccords sérieux" avec le Liban, mais a souligné que "le Hezbollah reste le principal obstacle" à la paix et la normalisation des relations.
L'armée israélienne, ayant établi une "ligne jaune" de séparation dans le sud, a affirmé vouloir protéger sa population tout en faisant face à des attaques. Le Hezbollah a récemment revendiqué une offensive, arguant qu'elle était en réponse à des violations répétées du cessez-le-feu.
Israël a affirmé se réserver le droit d'intervenir contre des "attaques imminentes" sur son territoire. De son côté, Téhéran a précisé que la trêve était une condition sine qua non pour la reprise de pourparlers plus larges avec Washington, dans le cadre d'une approche visant à générer une paix durable entre l'Iran et les États-Unis. Le président libanais a par ailleurs assuré que les négociations à venir seraient "distinctes" de celles entre l'Iran et les États-Unis. Les dernières annonces de Donald Trump évoquent la prolongation de la trêve entre son pays et l'Iran, dans un contexte de tensions maritimes dans le détroit d'Ormuz.
Sur le plan diplomatique, la situation demeure complexe, la reprise des discussions entre les parties prenantes étant encore incertaine.







