L'Union européenne et l'Arménie s'apprêtent à tenir leur premier sommet ce mardi, marquant une étape significative dans l'objectif des Européens d'accompagner l'Arménie dans une dissociation prudente de son traditionnel allié russe.
"Nous n'avons jamais été aussi proches de l'Arménie", a déclaré un responsable européen sous couvert d'anonymat, soulignant que cette rencontre est perçue comme "un moment essentiel faisant écho à la nouvelle orientation de l'Arménie vers l'Occident".
Le sommet, qui se tiendra à Erevan, la capitale arménienne, réunira des personnalités clés telles que le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sous le patronage du Premier ministre Nikol Pachinian.
Cette rencontre représente une occasion majeure de renforcer les relations bilatérales, notamment sur des enjeux tels que la connectivité, l'énergie, les transports et la coopération numérique. Ainsi, l'Union européenne insiste sur l'importance de ce partenariat dans un contexte de défis mondiaux actuels.
Les dirigeants aborderont également des préoccupations contemporaines, notamment les récents événements en Ukraine et l'impact des crises au Moyen-Orient, comme l'indique le communiqué du bloc européen. De plus, plusieurs accords seront signés pour approfondir le partenariat dans des secteurs stratégiques tels que la sécurité et le soutien économique.
L'UE vise également à aider l'Arménie à devenir plus résiliente face aux crises et à contrer la désinformation, surtout en vue des élections législatives à venir.
Parallèlement, l'Arménie espère des avancées concernant l'assouplissement des visas pour ses citoyens désireux de se rendre en Europe.
- Une candidature à l'ue en perspective ? -
Le président français Emmanuel Macron, en visite officielle, a exprimé son soutien à l'Arménie, louant son choix de "se tourner vers l'Europe". Son discours, jugé encourageant, a été prononcé lors de son arrivée à Erevan dimanche, où il a été accueilli avec enthousiasme.
Macron participera également à la deuxième édition du "dialogue d'Erevan", un forum abordant divers thèmes, allant de la résilience démocratique aux interconnexions régionales soumises à de nouveaux enjeux géopolitiques.
Cette dynamique de rapprochement avec l'UE soulève la question d'une éventuelle demande d'adhésion de l'Arménie. Bien que le pays ait déjà manifesté son intention d'entamer ce processus par une loi adoptée l'année dernière, il avance prudemment dans cette voie, en raison des préoccupations liées à ses relations avec la Russie.
Malgré son allié historique, l'Arménie s'interroge sur la fiabilité de Moscou, qui ne lui a pas apporté le soutien attendu lors de la dernière guerre avec l'Azerbaïdjan. Ce dernier a d'ailleurs signé un accord sous l'égide des États-Unis visant à mettre fin au conflit territorial séculaire.
La récente évolution des relations entre l'Arménie et la Russie reflète une tension croissante, soulignant la nécessité pour Erevan d'explorer de nouvelles alliances sans outrepasser ses liens historiques.







