Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a récemment effectué un déplacement marquant à La Havane pour dialoguer avec des hauts responsables cubains, malgré la crise énergétique sévère frappant l'île, exacerbée par le blocus pétrolier de Washington.
Bien que la CIA n'ait pas dévoilé les objectifs précis de cette rencontre, des photos partagées sur leur compte X montrent Ratcliffe en discussion avec des responsables cubains, dont Ramon Romero Curbelo, le chef des renseignements du ministère cubain de l'Intérieur.
Les autorités cubaines ont déclaré que cette réunion visait à « favoriser le dialogue politique » entre les deux nations, démontrant ainsi la volonté d'engager des conversations malgré les tensions persistantes. Une rencontre similaire à un niveau diplomatique avait eu lieu le 10 avril, marquant une première depuis 2016 pour un vol gouvernemental américain à atterrir sur l'île.
Dans leurs échanges, La Havane a affirmé avoir fourni des éléments probants illustrant que Cuba ne représente pas une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
Un décret controversé de Trump à l'origine des tensions
Donald Trump a décrété, en janvier, que Cuba était une « menace extraordinaire » pour les États-Unis, justifiant ainsi un renforcement des sanctions et le blocus pétrolier imposé à l'île depuis 1962. Cette position a été renforcée par la menace de représailles pour toute nation cherchant à fournir du pétrole à Cuba.
Cuba a également affirmé n'avoir aucune base militaire ou étrangère sur son territoire, répondant à des allégations américaines. Ce contexte s'est traduit par une crise énergétique sans précédent, la nation caribéenne étant dans un état critique, sans réserves de diesel ni de fioul.
Des tensions sociales grandissantes à La Havane
Les coupures d'électricité prolongées ont engendré des manifestations de colère à La Havane, où les citoyens ont exprimé leur mécontentement face à des délestages pouvant perdurer plus de vingt heures. La situation s'est aggravée ces derniers jours avec des coupures touchant sept des quinze provinces du pays. En outre, la centrale thermique Antonio Guiteras, principale source d’électricité, est en panne suite à une fuite dans sa chaudière.
Face à cette crise complexe, le gouvernement cubain s'est dit « prêt » à envisager une aide financière de 100 millions de dollars proposée par Washington, conditionnée par une distribution exclusivement par l'Eglise catholique, plutôt que par le gouvernement cubain. Le président Miguel Diaz-Canel a prôné que lever le blocus serait un moyen plus simple d’assister le pays.
Cuba, touchée par une crise énergétique depuis la moitié de l'année 2024 et aggravée par le blocus américain, a vu son approvisionnement restreint à l'arrivée d'un seul pétrolier russe depuis janvier. Les autorités américaines attribuent la crise énergétique à des problèmes de gestion interne, alors que Cuba blâme le blocus.
Washington a également célébré la libération de Sissi Abascal, une dissidente condamnée pour avoir pris part aux manifestations antigouvernementales de juillet 2021, alors que l’ONG Cubalex a informé de son départ en exil.







