La ville d'Engels, située sur les rives de la Volga et comptant plus de 200 000 habitants, est prise dans une crise sanitaire sans précédent. Depuis près de trois semaines, les eaux usées inondent les rues, créant un véritable désastre que certains médias qualifient d'"apocalypse fécale". Les habitants, désespérés, comparent leur quotidien à celui d'une "Venise des eaux sales".
Cette situation est le résultat d'une défaillance du collecteur gravitaire central, essentiel au bon fonctionnement du réseau d'assainissement. Saturé par l'accroissement des constructions et négligé par un manque d'entretien, ce système vital a finalement cédé. Comme le rapporte Blick, aucun des travaux de modernisation nécessaires n'a été entrepris malgré des alertes répétées sur l'état déplorable des installations.
"Ma botte s’enfonce jusqu’à mi-hauteur"
Depuis le 29 avril, l'eau contaminée remonte par les canalisations, rendant de nombreux quartiers impraticables. Les résidents improvisent en utilisant des palettes en bois pour éviter de marcher dans cette boue nauséabonde. Un habitant a décrit sa réalité : "Ma botte s’enfonce jusqu’à mi-hauteur", révélant l'absurdité de leur situation.
La crise s'est aggravée le 8 mai lorsque les autorités sanitaires ont décidé de couper l'eau potable, ajoutant à l'inquiétude des habitants. Bien qu'initialement prévue pour trois jours, cette coupure s'est prolongée sans annonce d’un retour à la normale, laissant la population dépendante de camions-citernes pour se ravitailler en eau, tandis que les magasins subissent des pénuries.
Un programme de modernisation du réseau lancé mais jamais concrétisé
Les autorités craignent maintenant des épidémies telles que la gastro-entérite ou l'hépatite A. Les recommandations policiers exhortent à faire bouillir l'eau avant consommation et à limiter l’usage des toilettes, augmentant la pression sur un réseau déjà à bout.
Vladimir Popeko, ancien directeur de la régie municipale des eaux, est aujourd'hui poursuivi pour "abus de fonctions aux conséquences graves". Il est accusé d’avoir entravé un programme de modernisation lancé dès 2018 mais jamais concrétisé, exacerbant ainsi les souffrances des habitants.







