Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a averti Cuba jeudi que les États-Unis étaient "déterminés" à instaurer un changement dans l'île communiste, ce, au lendemain de l'inculpation de l'ex-président cubain Raul Castro par la justice américaine.
"Leur système économique est défaillant et impossible à réparer dans le cadre du système politique actuel", a déclaré M. Rubio aux médias depuis Miami, sa ville natale. "Ils pensaient pouvoir gagner du temps et que nous nous lasserions, mais nous sommes sérieux et déterminés dans notre approche", a-t-il ajouté.
Bien que Rubio ait souligné l'importance d'une résolution pacifique, il a refusé d'écarter totalement la possibilité d'une force militaire, étant un fervent opposant au régime cubain. Ce contexte de tensions est exacerbé par l'inculpation de Raul Castro, accusé d'implication dans un complot meurtrier datant de 1996, qui a provoqué une vague d'indignation à Cuba. Le Monde rapporte que les accusations sont perçues comme une manœuvre politique contre un leader emblématique du communisme cubain.
M. Rubio a également fait état d'une offre d'aide de 100 millions de dollars que Cuba aurait acceptée, mais avec des conditions strictes : "Nous ne fournirons pas d'aide humanitaire qui tomberait entre les mains de leur appareil militaire", a-t-il précisé. La réponse de La Havane est restée assez vague, ne dépassant pas une simple déclaration sur l'examen de cette proposition.
Raul Castro, qui à 94 ans reste une figure emblématique du pouvoir à Cuba, a exprimé son indignation face aux accusations américaines. En réaction, Pedro Leal, un retraité cubain de 65 ans, a dénoncé la position des États-Unis en affirmant que "c'est criminel et injuste".
"Ce sont des actions visant à justifier une intervention militaire", a également noté Miguel Diaz-Canel, le président cubain actuel, sur les réseaux sociaux.
Le ministre américain de la Justice par intérim, Todd Blanche, a déclaré qu'il s'attendait à ce que Raul Castro soit incarcéré prochainement aux États-Unis. Pendant ce temps, la situation à Cuba se dégrade, souffrant de pénuries d'énergie et de l'embargo américain en place depuis 1962, aggravé par un blocus pétrolier total imposé en janvier.
Les tensions continuent de croître, alors que la marine américaine a déployé le porte-avions USS Nimitz dans les Caraïbes, provoquant des spéculations sur une éventuelle escalade militaire. La Réponse de Washington aux tensions à Cuba pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique régionale et sur la vie quotidienne des Cubains.







