Depuis plusieurs semaines, la colère de Donald Trump après le refus des pays européens de le soutenir dans sa guerre contre l'Iran se fait ressentir. Ce vendredi, les ministres des Affaires étrangères de l'Otan se réunissent à Helsingborg, en Suède, pour évaluer l'ampleur du retrait des troupes américaines en Europe, confrontés à cette situation tendue.
Un diplomate européen résume cet enjeu crucial : «c'est de savoir si on sort du moment punition ou pas», en référence à la décision de Donald Trump de réduire les effectifs militaires en Allemagne. L'annonce d'un tel retrait a créé une onde de choc parmi les alliés européens, qui s’inquiètent des conséquences d'une telle démarche.
Alors que cette réunion approche, Donald Trump a annoncé l'envoi de 5 000 soldats en Pologne, louant ses bonnes relations avec le président polonais. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a critiqué les pays qui ne soutiennent pas les États-Unis, affirmant qu'«ils refusent de faire quoi que ce soit» pour aider dans la crise actuelle.
Néanmoins, les Européens ne restent pas inactifs. «Les alliés européens et canadiens ont entendu l'appel américain à agir», a assuré le secrétaire général de l'Otan, qui a évoqué des efforts coordonnés pour prépositionner des navires de guerre aux abords du détroit d'Ormuz, enjeu majeur du commerce pétrolier mondial.
Donald Trump exige également que ses homologues européens prennent en charge leur propre sécurité, évoquant un retrait de troupes comme un avertissement. Cette position a été accueillie avec prudence par des leaders comme Mark Rutte, qui a dit : «C'est naturel que les États-Unis réduisent leur présence tout en renforçant nos capacités».
À l'agenda de cette réunion figurent également des discussions sur l'augmentation des dépenses militaires des pays membres, certains appelant à un engagement minimum de 0,25 % de leur PIB pour soutenir l'Ukraine. Cependant, la France est pointée du doigt pour son soutien jugé insuffisant, malgré ses contributions en renseignement et sa participation à des coalitions internationales.
Enfin, pour apaiser les tensions avec Washington, les alliés européens envisagent d'annoncer plusieurs contrats d'armement, dont certains avec les États-Unis. Les difficultés persistent, mais l'espoir d'un consensus sur la défense européenne et le soutien à l'Ukraine reste au cœur des préoccupations des ministres réunis au sommet d'Ankara en juillet prochain.







