Washington a annoncé jeudi son espoir de voir les efforts diplomatiques aboutir à un accord de paix pour mettre un terme à la guerre en cours contre l'Iran, à l'occasion de la visite imminente à Téhéran d'un haut responsable pakistanais, en tant que médiateur des pourparlers.
"Je crois que les représentants pakistanais se rendront à Téhéran aujourd'hui. Espérons que cela fera avancer les choses", a commenté le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avant de se diriger vers une réunion de l'Otan en Suède.
Rubio a également fait état de progrès notables dans les négociations, malgré une situation tendue. Le précédent jour, Donald Trump avait évoqué le sujet, décrivant la situation comme étant "cruciale", où tout pouvait basculer entre un accord ou un retour à la violence.
Selon des sources, dont l'agence de presse Isna, c'est le général Asim Munir, commandant des forces armées pakistanaises, qui est attendu en Iran pour intensifier les discussions avec les autorités iraniennes.
Le Pakistan joue un rôle actif dans la médiation : le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a effectué deux visites en Iran dans les jours récents, apportant avec lui les dernières propositions américaines que Téhéran examine actuellement.
Pourtant, la République islamique reste ferme sur ses exigences : le dégel de ses avoirs à l'étranger et la fin du blocus américain des ports iraniens. Elle a réaffirmé qu'elle ne plierait jamais face à des pressions extérieures.
Les Gardiens de la Révolution ont menacé d'élargir le conflit à une échelle régionale plus vaste.
- Situation critique -
Depuis la mise en place d'une fragile trêve le 8 avril à la suite d'une guerre de plus d'un mois, les pourparlers stagnent, les deux pays maintenant leurs positions fermes. Une unique réunion de négociation, qui s'est tenue le 11 avril au Pakistan, n'a pas permis de trouver de solution.
Ce conflit, qui a été déclenché par des frappes israélo-américaines contre Téhéran le 28 février, a causé la mort de milliers de personnes, en particulier en Iran et au Liban où le Hezbollah a riposté contre Israël. Cette dernière nation continue ses frappes malgré le cessez-le-feu en vigueur.
Jeudi, une frappe a ainsi endommagé un hôpital à Tebnine, dans le sud du Liban, faisant plusieurs blessés, selon les rapports locaux.
Donald Trump a souligné qu'un accord avec l'Iran pourrait économiser "beaucoup de temps, d'énergie et de vies", précisant qu'un règlement pourrait être trouvé rapidement, potentiellement dans les jours à venir.
Le président cherche désespérément une solution à une guerre contestée et impopulaire sur le sol américain, qui perturbe gravement l'économie mondiale, notamment à cause du quasi-blocage du détroit d'Ormuz par les forces iraniennes. Ce détroit est vital, représentant un cinquième des approvisionnements en pétrole brut et en gaz naturel liquéfié à travers le monde.
L'Agence internationale de l'énergie a averti d'un risque de pénurie sur le marché du brut cet été, en l'absence d'une résolution durable du conflit.
Malgré ces tensions, les valeurs du pétrole ont légèrement chuté jeudi, suggérant une lueur d'espoir dans le monde des affaires, le baril de Brent perdant 2,32% pour s'établir à 102,58 dollars.
- Stratégies divergentes -
Les médias américains rapportent des désaccords croissants entre Donald Trump et son partenaire israélien Benjamin Netanyahu, mettant en lumière une tension dans leurs entretiens téléphoniques. Israël aspire à renverser le régime iranien, tandis que la priorité des États-Unis reste la prévention de la nucléarisation, même si cela doit passer par un compromis avec le régime actuel, analyse Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv.
Marco Rubio a aussi exprimé sa frustration envers les alliés de l'Otan qui n'ont pas porté assistance aux États-Unis dans la guerre contre l'Iran, un fait qui a visiblement irrité Washington.
Par ailleurs, le régime iranien a récemment officialisé la création d'un nouvel organisme pour superviser le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, fixant potentiellement des droits de passage. L'"Autorité du détroit du Golfe Persique" (#PGSA) a revendiqué une zone de contrôle incluant des eaux jusqu'au sud du port de Fujaïrah, en réponse à une stratégie émiratie pour contourner le blocus.
Anwar Gargash, conseiller du président émirati, a qualifié ces tentatives de "chimère" sur X, dénonçant le régime iranien qui cherche à imposer une nouvelle réalité maritimes.
Enfin, les Émirats Arabes Unis ont annoncé un soutien financier supérieur à 350 millions d'euros destiné à leurs entreprises, alors que les répercussions de ce conflit atteignent aussi la zone euro, la Commission européenne réduisant ses prévisions de croissance pour les 21 pays de la zone euro.







