Ankara se lance dans une offensive sans précédent, cherchant à instaurer une doctrine maritime appelée « Patrie bleue ». Ce projet pourrait signifier la perte de souveraineté pour la Grèce sur plus de 150 de ses îles, engageant des tensions dans la mer Égée et la Méditerranée orientale.
Selon des sources diplomatiques relayées par Euractiv, cette initiative pourrait être officialisée dès le mois prochain. La Turquie affirme que les limites maritimes devraient être définies selon une ligne médiane entre ses côtes et le continent grec, mettant en avant que les îles proches de ses côtes ne devraient pas bénéficier automatiquement de zones économiques exclusives.
Des divergences au sein de l’UE
Cet affrontement diplomatique se produit alors que des réserves potentielles de gaz et de pétrole en Méditerranée orientale attirent l’attention mondiale, notamment celle des États-Unis. Dans un climat déjà tendu, l'issue des élections en Grèce et en Turquie pourrait encore influencer la situation. Ankara conteste également le droit d’Athènes de prolonger ses eaux territoriales conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer, qu'Athènes a ratifiée. La Turquie qualifie cela d'acte de guerre.
Alors que ce projet est examiné au sein de la Commission européenne en raison de ses implications stratégiques, Athènes se montre très inquiète. Certains responsables à Bruxelles envisagent même des sanctions. L’eurodéputé grec Nikolas Farantouris a suggéré que l'Union européenne pourrait être amenée à invoquer la clause d'assistance mutuelle, soulignant ainsi l'importance de la situation.
Toutefois, les opinions parmi les États membres de l’UE sont divisées. Si la France se positionne comme un allié indéfectible d'Athènes, d'autres nations, comme l'Espagne, renforcent leurs relations commerciales avec Ankara, devenant le premier exportateur d'armements vers la Turquie. Pendant ce temps, l'Allemagne se distingue par sa prudence, jonglant entre enjeux sécuritaires et questions migratoires. Charles Michel, ancien président du Conseil européen, a désigné la Turquie comme un partenaire essentiel au sein de l’OTAN, tandis que d'autres, comme le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, soulignent l'importance d'Ankara dans la sécurité régionale.
Le rapprochement entre la Grèce, Chypre et Israël ajoute une couche de complexité à cette situation déjà délicate, la Turquie accusant ces pays de déstabiliser la région et Israël de commettre des injustices à Gaza. Le sommet de l’OTAN, prévu à Ankara en juillet, pourrait représenter un tournant. L'éventuelle visite de Donald Trump en Grèce avant cette rencontre devrait également être suivie de près, car elle pourrait influencer les relations dans la région.







