Historiquement associé aux plats d'hiver, notamment la tartiflette, le reblochon mérite d'être redécouvert dans d'autres contextes gastronomiques. Popularisée dans les années 80, la tartiflette a été un véritable coup marketing pour les producteurs de Savoie, mais elle a également engendré une chute de la consommation durant la belle saison.
Un dilemme se pose : peut-on véritablement réduire la production estivale de reblochon ? Les producteurs affirment que non. En effet, la vache lacte au cours de dix mois après le vêlage, et le reblochon — qui nécessite un affinage d'environ un mois — doit être consommé rapidement. Ainsi, le lait produit durant l'été doit trouver preneur à cette même période.
Un plan astucieux : décaler la naissance des veaux
Pour faire face à ce défi, les Savoyards explorent des alternatives, comme le décalage des naissances de veaux afin que le pic de lactation n'intervienne pas durant l'été. Cependant, ils soulignent également que le meilleur reblochon est celui que l’on peut déguster en saison chaude, lorsque les vaches sont libres de pâturer dans les prairies verdoyantes, plutôt que de consommer du foin à l'étable.
Mais pourquoi le reblochon porte-t-il ce nom intrigant ? À l’époque médiévale, les paysans cherchaient à minimiser les taxes sur le lait en écourtant la traite lors des contrôles fiscaux. Une fois le contrôleur parti, ils repartaient à la traite, d’où l’appellation "reblocher" pour désigner ce second lait, riche et crémeux, qui a donné naissance à ce fromage emblématique.
Avec ces initiatives, les producteurs espèrent réinventer l'image du reblochon et l'imposer comme une incontournable des tables estivales, comme l'indique un rapport de Le Monde.







