Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a récemment convié le Premier ministre indien, Narendra Modi, à une visite à la Maison Blanche. Cette annonce intervient une semaine après un somptueux sommet impliquant la Chine, pouvant suggérer un rapprochement stratégique entre les deux nations.
Lors de sa rencontre avec Modi à New Delhi, Rubio a exprimé cette invitation au nom du président Donald Trump. L'ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, a relayé cette information via les réseaux sociaux, soulignant l'importance de cette rencontre.
Rubio a également évoqué une éventuelle résolution du conflit en Iran, parlant d'une "chance" que cela soit confirmé imminemment. "Nous pourrions avoir des bonnes nouvelles dans les jours qui suivent", a-t-il confié aux journalistes présents.
"La relation entre nos deux pays est essentielle dans notre politique de l'Indo-Pacifique", a précisé Rubio, qui a aussi inauguré une nouvelle aile de l'ambassade américaine et a eu une conversation prolongée avec Modi, durant plus d'une heure.
Cette visite marque la première fois que Rubio voyage à la rencontre de ces grandes puissances asiatiques, ayant fait une halte en Chine la semaine précédente.
Le secrétaire d'État a insisté sur le lien stratégique solide entre les États-Unis et l'Inde, basé sur des valeurs démocratiques communes et un potentiel économique prometteur. Pas un mot sur les tensions qui entourent cette relation, qui avait pourtant été marquée par des frictions.
Donald Trump semble modifier les normes traditionnelles de la politique étrangère des États-Unis, notamment en renforçant les échanges avec l'Inde, un volet presque absent de la stratégie de sécurité nationale révélée l'année précédente.
À Pékin, Trump avait salué l'accueil réservé par le président Xi Jinping, bien que peu de résultats concrets aient émergé de cette visite. Il avait même évoqué l'idée d'un "G2", une notion qui a perdu de son attrait au fil des années, de nombreux alliés craignant une marginalisation face à la Chine.
Catholique fervent, Rubio a débuté son séjour à Calcutta en rendant hommage à Mère Teresa, ajoutant une dimension spirituelle à son voyage. Ce choix pourrait également refléter une volonté de dissiper les craintes concernant le traitement des chrétiens sous le gouvernement de Modi, qui a suscité des inquiétudes dans certaines franges de la société américaine.
Des organisations de défense des droits humains ont rapporté une montée des actes violents envers les minorités chrétiennes en Inde, un phénomène que le gouvernement indien a rejeté en le qualifiant d'exagéré.
Avant son départ, Rubio participera à une rencontre des ministres des Affaires étrangères du Quad, qui regroupe l'Australie, l'Inde, le Japon et les États-Unis. Cette coalition vise à contrer l'influence croissante de la Chine dans l'océan Indien.
Pékin a manifesté une opposition à cette alliance, considérant le Quad comme une manœuvre d'encerclement, tout en critiquant fermement l'implication indienne dans ce groupe.
Les priorités américaines ont été redéfinies sous la présidence de Trump, et Rubio a insisté sur la nécessité d'intensifier les exportations de pétrole vers l'Inde, un pays en pleine expansion économique, mais dépendant des importations d'énergie.
La récente escalade des tensions au Moyen-Orient a des répercussions sur l'économie indienne, surtout après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole en raison de l'instabilité dans le détroit d'Ormuz.
L'Inde, tout en préservant des relations historiques avec l'Iran, a également renforcé ses liens avec Israël, Modi ayant visité ce pays peu avant le déclenchement des hostilités qui impliquent également le Pakistan, un pays rival de l'Inde.
Trump, de son côté, a récemment exprimé des louanges pour le Pakistan, qui a joué un rôle diplomatique lors d'une guerre récente avec l'Inde. Cependant, Modi ne lui a pas reconnu de mérite dans la résolution de ce conflit, ce qui avait agacé le président américain.







