Le 28 mai, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité l'abrogation du Code noir et des textes liés à l'esclavage dans les colonies françaises. Promulgué par Louis XIV en 1685, ce texte historique définissait les personnes réduites en esclavage comme des "biens meubles". Bien qu'il soit inapplicable depuis 1848, il n'avait jamais été officiellement supprimé jusqu'à présent.
Cette mesure, portée par le groupe Liot - Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, s'inscrit dans un désir de reconnaitre et de réparer les injustices historiques subies par les populations esclavisées. Selon plusieurs experts, comme la chercheuse en histoire sociale, Dr. Claire Dumas, cet acte symbolique est "une manière de tourner la page sur un chapitre douloureux de notre histoire".
Mais qu’est-ce que réellement le Code noir ? Adopté sous Louis XIV, il s'agissait d'un ensemble d'édit régissant l’esclavage dans les colonies françaises. À l'époque, le ministre Jean-Baptiste Colbert a été chargé de rédiger une ordonnance visant à mieux contrôler ces territoires éloignés, tout en consolidant l’empire colonial de la France par le biais du commerce triangulaire. Ce dernier consistait à déporter des esclaves africains vers les Amériques afin de fournir une main-d'œuvre aux plantations.
À partir du XVIe siècle, la France, en concurrence avec d'autres puissances européennes, a participé à une traite négrière qui a vu des centaines de milliers d'Africains déportés. Dans ce contexte, le Code noir a été mis en place pour établir un cadre juridique autour de l'esclavage.
Initialement, le Code noir était applicable à la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Christophe, avant d'être étendu à Saint-Domingue, la Guyane et à d'autres territoires comme les Mascareignes et la Louisiane.
Des esclaves considérés comme des "êtres meubles"
Le Code noir décrivait les personnes soumises à l'esclavage comme des "meubles", permettant ainsi leur achat, vente et transmission par héritage. En plus de définir ce statut, il régulait divers aspects de la vie quotidienne dans les colonies : religion, travail, alimentation, sanctions et affranchissement. Cette caractérisation a profondément marqué les mentalités et continue d'avoir des répercussions sur les discussions contemporaines sur la race et l'identité.







