Lundi, la justice britannique a entériné en appel l'interdiction du groupe Palestine Action, qualifié d'organisation terroriste par le gouvernement en juillet 2025. Cette décision a entraîné l'arrestation de plus de 3 000 sympathisants, suscitant une vive controverse.
La Cour d'appel a statué que la décision du ministère de l'Intérieur était « proportionnée » et « légale », malgré les affirmations contraires de la Haute Cour de Londres, qui avait initialement jugé l’interdiction « disproportionnée » en février. La juge Sue Carr a reconnu que bien que ce classement soit contesté, le groupe continue de promouvoir des actions considérées comme violentes.
Huda Ammori, l'une des fondatrices de Palestine Action, a réagi immédiatement : « Nous ne cesserons pas de lutter pour lever cette interdiction, ni de contre-attaquer contre l'utilisation de la législation antiterroriste à notre encontre », a-t-elle déclaré sur X.
Importante pour de nombreux manifestants inculpés lors des récentes manifestations, cette décision a été prise sur fond de débats passionnés sur la liberté d'expression. Shabana Mahmood, la ministre de l'Intérieur, a mis en avant la nécessité de protéger la sécurité nationale dans son appel.
Le groupe, qui se présente comme un « mouvement d'action directe » luttant contre le soutien à ce qu'il considère comme un régime d'apartheid israélien, a fait l'objet de critiques de la part de l'ONU et de figures publiques, comme le cinéaste Ken Loach. Des manifestations de soutien ont eu lieu à Londres et ailleurs, où des militants ont exprimé leur indignation face à cette classification.
« Les actes de vandalisme sont condamnables », a déclaré Mary Bartlam, une retraitée de 68 ans présente lors d'une manifestation. « Cependant, les étiqueter comme terroristes est un affront aux principes fondamentaux de la justice », a-t-elle ajouté, exhortant à une distinction entre Palestine Action et des groupes considérés comme véritablement terroristes.
Depuis l'interdiction, la mobilisation populaire n'a cessé de croître. Plus de 3 300 arrestations ont été recensées, comprenant des figures connues comme Greta Thunberg. La pression monte sur le gouvernement britannique alors que les manifestations continuent de prospérer, notamment après la guerre en Gaza, qui a ravivé les tensions dans le débat israélo-palestinien.
D'autres acteurs, en particulier dans les milieux universitaires, s'inquiètent des ramifications de cette atteinte à la liberté d'expression sur le territoire britannique. Si Palestine Action est vu comme une menace par certains, d'autres estiment qu'il est crucial de protéger le droit de manifester et de s'opposer aux politiques du gouvernement, comme le souligne un ancien universitaire en politique étrangère interrogé par l'AFP.
Alors que la bataille judiciaire se poursuit, le contraste entre l'indignation populaire et les mesures gouvernementales soulève des questions fondamentales sur la nature de la démocratie et de la résistance en période de conflit. La lutte pour une Palestine libre, semble-t-il, demeure plus forte que jamais.







