Ce mercredi 17 juin, l'intelligence artificielle occupera une place centrale lors d'une réunion du G7, où des dirigeants et des experts en tech du monde entier discuteront de la sécurité liée à cette technologie. Laurence Devillers, professeure en IA à Sorbonne Université et auteur de Savoir vivre avec l'IA, a partagé son expertise lors de 'La Matinale'.
Jean-Baptiste Marteau : Comment la France peut-elle se positionner dans la course mondiale à l'intelligence artificielle ?
Laurence Devillers : Il ne faut pas perdre espoir. L'intelligence artificielle est plus qu'une catégorie unique ; elle englobe une variété de logiciels en constante évolution. Actuellement, le débat se concentre principalement sur les Large Language Models comme ChatGPT et Gemini. Cependant, des projets ne nécessitant pas seulement des données textuelles devraient émerger, notamment dans le laboratoire Ami dirigé par Yann Le Cun, avec des concepts comme le 'world model'. Ces systèmes, bien que performants, restent limités à l'univers numérique. Ils nécessitent des apprentissages multisensoriels pour fonctionner efficacement dans le monde réel.
Peut-on espérer rivaliser avec les dépenses massives des États-Unis ? La France consacre seulement 655 millions d'euros contre des dizaines de milliards américains.
Effectivement, nous demeurons en retard comparativement aux budgets alloués par d'autres nations, comme l'Allemagne, qui investit trois milliards d'euros. Pourtant, au lieu de se focaliser sur la compétition, il faut anticiper l'avenir. Une recherche de qualité est primordiale, et bien que l'investissement soit limité, il doit servir à amplifier cette recherche fondamentale. Nous disposons de nombreuses startups, telles que Mistral AI, et des projets en quantique, illustrant que notre lieu de recherche scientifique reste compétitif. Ce qui est vrai, c'est que pour les LLM, nous sommes effectivement en retard.
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