Des représentants américains et iraniens ont récemment terminé une série de pourparlers indirects au Qatar, cherchant à établir une paix durable au Moyen-Orient à la suite d'échanges de frappes qui ont mis en péril la trêve.
Ces réunions font suite à un protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington. Ce dernier doit être mis en œuvre sur une période d'au moins 60 jours et traite de sujets épineux tel que le détroit d'Ormuz ainsi que le programme nucléaire iranien.
Voici un point sur la situation actuelle au Moyen-Orient :
- Ce qui a été convenu -
Selon l'agence de presse iranienne IRNA, les discussions ont débouché sur un accord permettant à l'Iran d'utiliser une partie de ses fonds bloqués au Qatar pour acquérir des produits nécessaires.
Les négociateurs ont également convenu de créer un canal de communication pour signaler les violations potentielles de l'accord. Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré qu'une partie des six milliards de dollars de revenus pétroliers de l'Iran, gelés à cause des sanctions, a également été évoquée.
Les ministères des Affaires étrangères du Qatar et du Pakistan, les médiateurs des négociations, ont fait état de « progrès positifs ». De plus, Donald Trump a qualifié ces échanges de « très constructifs » suite à l'envoi de ses émissaires au Qatar.
Une source ayant connaissance des négociations a révélé à l'AFP que les discussions s'étaient concentrées sur les dispositions concernant le détroit d'Ormuz, tandis que la question nucléaire sera abordée lors de discussions ultérieures.
Après des pourparlers de haut niveau à la fin juin, Téhéran a refusé les discussions directes à la suite des frappes américaines sur son sol.
- Reprise des négociations après les obsèques de Khamenei -
Les discussions devraient reprendre après les funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei, programmées à Téhéran, ce qui pourrait s'étendre sur six jours.
Khamenei, qui a dirigé la République islamique pendant près de 37 ans, a été tué le 28 février au début d'une offensive israélo-américaine. Ses obsèques avaient d'abord été prévues en mars mais ont dû être reportées à cause du conflit.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et chef de l'équipe de négociation, a fait appel à la mobilisation massive pour « venger » la mort de Khamenei, avec des prévisions de 15 à 20 millions de participants uniquement à Téhéran.
Quant à Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père en mars, son apparition publique reste incertaine.
- La situation sur le terrain -
Le détroit d'Ormuz, essentiel pour le commerce mondial des hydrocarbures, continue d'être un point de tension majeur. Bien qu'aucune attaque de navires n'ait eu lieu récemment, la région reste sous haute surveillance.
L'Iran souhaite instaurer un droit de passage jugé inacceptable par les États-Unis. Lors d'une réunion à Bahreïn, des responsables de la Défense de douze pays du Golfe ont affirmé leur engagement en faveur de la libre circulation des marchandises.
Kazem Gharibabadi a répliqué sur X, soulignant que « la sécurité dans la région dépendra du retrait des États-Unis et du respect de la souveraineté nationale ».
Sur le front libanais, les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont temporairement diminué, bien qu'une frappe récente ait été signalée à Nabatiyé sans faire de victimes. Téhéran a également exigé que le Liban soit inclus dans les négociations, Israël ayant des positions d'occupation dans le sud du pays.
Dans une démarche parallèle, Washington a signé un accord-cadre avec le Liban, basé sur un retrait israélien conditionné par le désarmement du Hezbollah, qui s'y oppose fermement.
Cet accord prévoit également que l'armée libanaise prenne progressivement le contrôle de « zones pilotes » au sud, facilitant le retour des civils, bien que Beyrouth attende encore le début du retrait israélien.







