Dany Leprince, surnommé « le boucher de la Sarthe », va être rejugé après l'annulation de sa condamnation pour quadruple meurtre par la Cour de révision.
Dany Leprince, acteur clé d'un des plus célèbres dossiers criminels en France, a vu sa condamnation annulée récemment, ouvrant la voie à un nouveau procès. Accusé d'avoir tragiquement tué son frère, sa belle-sœur et deux de leurs jeunes filles en 1994, Leprince clame son innocence depuis plus de trois décennies. Dans un jugement prononcé le 2 juillet 2026, la Cour a indiqué que « deux éléments, qui avaient pesé à charge lors de l'affaire originelle, sont désormais fragilisés par des pièces nouvelles ». Ainsi, un doute persistant sur sa culpabilité subsiste, après avoir purgé dix-huit ans de prison. Sa condamnation a donc été annulée, ouvrant la voie à un nouveau procès.
Réagissant à cette décision, rare et marquante dans le milieu judiciaire, Leprince âgé de 69 ans a montré une immense émotion, s'effondrant dans les bras de ses proches. « Le combat continue », a-t-il déclaré à la sortie du tribunal, soulignant qu'il n'était plus perçu comme « le boucher de la Sarthe » mais comme un homme présumé innocent. Son avocat, Me Olivier Morice, a affirmé son intention de chercher un acquittement pour son client.
Des doutes persistants
La Cour a pris en compte le témoignage de Solène Leprince, la seule survivante de la tragédie. Âgée de deux ans à l'époque des faits, elle ne se souvient malheureusement de rien. « Je suis dévastée par la perte de ma famille, mais en colère qu'il reste encore des zones d'ombre », a-t-elle déclaré devant la Cour. À l'époque, ses propos avaient été interprétés comme une indication que Dany avait été l'auteur du crime, mais son jeune âge complique la situation.
Un autre élément troublant concerne Martine Compain, l'ex-femme de Dany, qui avait incriminé son mari au moment du drame. Toutefois, le témoignage de Martine a été critiqué pour ses « pertes de mémoire». Selon la Cour, ces absences semblaient être une « simulation ». « Ce second élément soulève des questions sur son intention de fournir une vision complète des événements cette nuit-là », a déclaré le juge Nicolas Bonnal.
Martine Compain est actuellement sous le statut de témoin assisté dans le cadre d'une enquête ouverte après une plainte déposée par Robert Leprince, le père de Dany. Ses avocats insistent sur le fait qu'un nouveau procès ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité, mais soulignent plutôt le risque d'un « harcèlement médiatique » longue après que les événements se soient produits.
Avec AFP
Les rares cas de révision de condamnations criminelles
> Cela reste exceptionnel. Le cas d'Abdelkader Azzimani et Abdelrrahim El Jabri, acquittés en 2014 après treize ans de réclusion pour un meurtre dans l'Hérault, illustre ce phénomène. Une expertise ADN a permis de disculper les condamnés initiaux.
> Patrick Dils, condamné pour les meurtres d'enfants à Metz, a également vu sa condamnation annulée après quinze ans de détention, prouvant que la révision judiciaire, bien que rare, est une réalité.
> Un exemple plus symbolique a eu lieu en 2018, lorsque la Cour de révision a annulé la condamnation d'un ancien parlementaire polynésien, ce qui témoigne des possibles erreurs judiciaires du passé.







