La violence frappe de nouveau Damas. Neuf personnes ont perdu la vie et une vingtaine d'autres ont été blessées lors d'un attentat à la bombe survenu dans un café populaire du centre-ville jeudi, d'après les informations fournies par les autorités locales. L'explosion a eu lieu tout près du Palais de justice, au cœur d'un quartier animé, témoignant de l'instabilité persistante dans la région.
À l'heure actuelle, l'attaque n'a pas encore été revendiquée. Le général Mohammad Khit, mieux connu des forces de sécurité intérieure, a précisé que l'explosion semblait avoir été causée par un engin explosif déposé sur place. Dans les minutes qui ont suivi le drame, les équipes de secours se sont précipitées vers les lieux, tandis que les autorités syriennes mettaient en place un périmètre de sécurité.
Des scènes de panique dans le cœur de la capitale
Sur le terrain, un correspondant de l'AFP a décrit une scène chaotique, avec des ambulances arrivant en urgence, accompagnées par des sirènes hurlantes, au milieu d'une foule en panique. Les habitants ont été confrontés à des souvenirs douloureux. "J'ai entendu une forte détonation vers 15h00. La devanture de mon magasin a tremblé, et les gens se sont précipités vers le café pour demander de l'aide", raconte Nawar Khayyat, propriétaire d'un magasin face au Palais de justice.
De son côté, Mohammad al-Dahabi, un opticien du quartier, a décrit une vision affreuse. "Des personnes gisaient au sol, baignant dans leur sang", a-t-il déclaré, rappelant les explosions qui avaient frappé Damas durant les années de guerre civile. Après l'attentat, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a annoncé l'ouverture d'une enquête. "Nous ferons en sorte que les responsables de cette effusion de sang soient punis", a-t-il assuré.
Le plus lourd bilan depuis un an
Ce tragique événement représente le bilan le plus lourd enregistré à Damas depuis l'attaque d'une église en juin 2025, qui a fait 25 victimes. Lors de cette précédente attaque, un groupe fondamentaliste sunnite avait été désigné comme coupable, tandis que les autorités avaient blâmé l'État islamique. Ce dernier, bien qu'évoqué comme défait en 2019, continue d'alimenter des cellules dormantes à travers le pays et a exhorté ses partisans à défier le nouveau régime en place.
Il est également important de noter que ces derniers mois, la capitale a été secouée par différents incidents, dont l'explosion d'une voiture piégée qui avait coûté la vie à un soldat le 19 mai. Les autorités syriennes, sous la direction d'Ahmad al-Chareh, cherchent à stabiliser le pays en reconstruisant ses institutions fragilisées après plus d'une décennie de conflit.
Des réactions internationales ont suivi l'explosion ; Claudio Cordone, envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, a fermement condamné l'opération, déclarant que "quelles que soient les circonstances, les responsables doivent être traduits en justice". Les pays voisins, dont l'Égypte, la Jordanie, le Qatar, l'Irak et la Turquie, ont également exprimé leur indignation face à cet acte de violence insensé.







