Moyen-Orient. Alors que les États-Unis s'efforcent de négocier un accord de paix avec Téhéran, des informations révèlent que l'administration Trump aurait pris des mesures pour empêcher Israël d'attaquer deux hauts responsables iraniens. Washington a même averti discrètement Téhéran des risques d'assassinat.
Une nouvelle troublante a émergé en pleine période de négociations américano-iraniennes. Selon une enquête publiée par le New York Times et corroborée par le Washington Post, Washington aurait alerté Téhéran sur des menaces d’assassinat visant des négociateurs iraniens. Les cibles principales étaient Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.
Des sources citées par le New York Times affirment que Washington craignait qu'une attaque contre ces figures irakiennes ne compromette des discussions délicates sur un accord de paix intérimaire. Des demandes ont même été transmises à d'autres pays de la région pour alerter discrètement Téhéran.
La crainte d'un sabotage des négociations
L'élimination de hauts responsables iraniens faisait partie intégrante de la tactique israélienne depuis le début du conflit, qui a pris un tournant violent le 28 février avec une attaque ayant coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei. En mars, le Wall Street Journal avait révélé que Ghalibaf et Araghchi figuraient sur une liste de cibles israéliennes avant d’en être retirés lors de l'ouverture des pourparlers.
Les autorités américaines estimaient au début du conflit que les deux hommes pouvaient être des cibles légitimes. Cependant, elles auraient rapidement reconsidéré cette position, réalisant qu’un assassinat pourrait interrompre les négociations et engendrer une escalade des combats. La situation a conduit des responsables américains à exiger qu'Israël suspende ses opérations d’assassinat. "Si vous tuez ces leaders, vous éliminez les pragmatiques" dont Washington espérait se servir pour avancer dans les pourparlers, rapporte un responsable anonyme.
Plusieurs tentatives d'assassinat
Malgré ces avertissements, Israël aurait poursuivi ses efforts pour éliminer des responsables iraniens. Des attaques précédentes ont déjà coûté la vie à des figures clefs, comme Ali Larijani, responsable de la sécurité nationale, et l'ancien ministre Kamal Kharazi, tous deux tués en mars alors qu'ils participaient aux négociations.
Les rapports du NYT indiquent également que Ghalibaf a été la cible de plusieurs tentatives d’assassinat. Il aurait survécu à une frappe israélienne lors d'une réunion secrète cachée dans un bunker, confirmée par des fonctionnaires iraniens. Ce même responsable avait déjà échappé à une attaque lors de la guerre intense de juin 2025.
Divergence croissante avec Israël
Une nouvelle tentative d'assassinat aurait eu lieu en avril, alors que Ghalibaf se rendait à Islamabad pour rencontrer le vice-président américain J.D. Vance. Son vol, transportant soixante-dix membres de la délégation iranienne, aurait dû atterrir en urgence à Mashhad suite à une alerte sur une tentative d'attaque d’avions de chasse israéliens. Cet incident a été confirmé par un conseiller de Ghalibaf sur les réseaux sociaux.
Malgré la menace persistante, les discussions ont continué, avec des réunions ayant eu lieu à Doha et en Suisse. Certains analystes perçoivent l'alerte américaine à Téhéran comme une preuve des divergences croissantes entre les stratégies de Washington et celles d’Israël, mettant en lumière les limites de l'influence que l'administration Trump peut exercer sur le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou.







