Le président français a posé un pied à Damas le 6 juillet, marquant un moment inédit dans l’histoire des relations entre la France et la Syrie. C’est la première visite d’un chef d'État d’une puissance occidentale depuis la chute de Bachar al-Assad, alors que le président Ahmad al-Chareh, nouvellement élu, tente de stabiliser le pays après treize ans de conflit.
Accueilli par le ministre des Affaires étrangères syrien Assaad al-Chaibani, Macron a expliqué qu’il était primordial d’encourager une Syrie « libre et plurielle », respectueuse de toutes ses composantes ethniques et religieuses. Cette visite, qui s’étend jusqu’au mardi suivant, vise à engager des discussions sur la reconstruction du pays et à établir un cadre pour une paix durable. L’Élysée a souligné l'importance d'un dialogue visant à tempérer les tensions au Moyen-Orient.
La discrétion autour de son déplacement, en raison des récents attentats ayant fait des victimes à Damas, montre les défis de sécurité persistants. Son programme est resté vague pour des raisons de sécurité, mais des entretiens avec son homologue syrien sont prévus, suivis d'une conférence de presse.
Cette démarche est une première depuis les visites de Nicolas Sarkozy entre 2008 et 2009, avant que les relations ne se détériorent suite aux événements du printemps arabe. Le gouvernement syrien a décrété cette visite comme « historique », la présentant comme un jalon essentiel dans la réintégration de la Syrie sur la scène internationale. En 2025, Macron avait déjà été pionnier en accueillant al-Chareh à l’Élysée, établissant un précédent malgré les critiques.
La délégation française inclut des acteurs majeurs du secteur économique, tels que Rodolphe Saadé de CMA-CGM et Patrick Pouyanné de TotalEnergies, soulignant l’intérêt pour la reconstruction et les investissements en Syrie, bien que les entreprises françaises restent prudentes. Emmanuel Macron, tout en s'engageant à rencontrer différentes factions syriennes, a insisté sur l'importance du respect de la pluralité au sein du pays.
Toutefois, des experts tels que Denis Bauchard, ancien ambassadeur, soulignent les risques de stabilisation du nouveau régime, qui pourrait s'opposer à des influences extérieures, notamment de la Turquie et d'Israël, cherchant à garder la Syrie affaiblie et divisée. Le président Macron se prépare également à s'entretenir avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, un contexte où le dossier syrien sera certainement abordé.
Enfin, Paris reste en désaccord avec l'administration Trump sur l'implication de la Syrie au Liban, alors que le président al-Chareh a affirmé qu'il n’éprouve pas le besoin de s'impliquer militairement dans le pays voisin.







