Trump ravive les craintes du communisme à l'approche des élections

Trump exhume la menace communiste pour galvaniser son électorat avant les élections.
Trump ravive les craintes du communisme à l'approche des élections

Alors que les élections de mi-mandat s'annoncent intenses aux États-Unis, Donald Trump a choisi de relancer une tactique familière : brandir le spectre du communisme pour présenter ses adversaires comme des extrémistes à abattre.

Lors d'un discours au mont Rushmore, l'ancien président républicain a déclaré : "Il y a une résurgence de la menace communiste sur notre territoire". Une affirmation qui s'inscrit dans la continuité de sa rhétorique anti-immigration, dépeignant les nouveaux arrivants comme des porteurs d'idées en opposition à l'essence même du rêve américain.

Quelques jours plus tôt, il évoquait déjà le communisme comme un "cancer", énonçant qu'il représente la "plus grave menace" que le pays ait connue depuis 250 ans. Ce contexte fait notamment référence aux récents succès électoraux de candidats issus de l'aile gauche du Parti démocrate, confortés par des figures telles que Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, qui, bien qu'identifié comme socialiste, ne se revendique ni marxiste ni communiste.

Pour Trump, cette façon de marquer ses adversaires d'une empreinte indélébile s'inscrit dans une tradition américaine, souvent qualifiée de "red baiting". Cette stratégie vise à établir des liens entre les mouvements progressistes et le communisme, fomentant un climat de méfiance tenace au sein de l'opinion publique.

L'historien Julian Zelizer, de l'université de Princeton, rappelle qu'il s'agit d'une technique éprouvée qui remonte à la Première Guerre mondiale, un temps où la peur du communisme atteignait son paroxysme, catalysée par les bouleversements politiques en Europe. La période du maccarthisme, qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, a consolidé cette psychose collective concernant les infiltrations communistes dans le tissu social américain.

Trump, qui a grandi dans cette atmosphère paranoïaque, a intégré cette rhétorique dans sa stratégie. En 2024, il avait déjà étiqueté Kamala Harris de "Camarade Kamala", insistant sur sa prétendue affiliation marxiste.

Le politologue Thomas Zeitzoff, de l'American University, souligne que Trump cherche à capitaliser sur les fractures internes du Parti démocrate, entre un establishment modéré et une aile progressiste croissante. Cela engendre une anxiété palpable chez les dirigeants démocrates qui craignent d'être perçus comme extrêmes et d'entraver leurs chances lors des élections.

Cependant, la portée électorale de cette stratégie reste incertaine, note l'historien Julian Zelizer. Selon Zeitzoff, invoquer le communisme comme menace à une époque post-Guerre froide est problématique, alors que l'absence d'une opposition soviétique rend difficile la mobilisation des électeurs contre un ennemi abstrait.

L'éditorialiste de gauche Thom Hartmann critique cette manœuvre en déclarant que Trump s'attaque à une figure du passé : "Trump est allé chercher Karl Marx au mont Rushmore, parce qu'il n'a rien à offrir à un jeune de 28 ans qui peine à payer son loyer." Pour Hartmann, cela détourne l'attention des véritables problèmes auxquels les jeunes font face aujourd'hui.

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