Ce jeudi, les États-Unis accueillent une réunion ministérielle ayant pour but d'internationaliser la lutte contre l'extrémisme de gauche, notamment le mouvement Antifa, que le président Donald Trump a qualifié d'"organisation terroriste". Ce sommet coïncide avec une montée des violences politiques, provoquant une réaction du gouvernement américain.
Intitulée "Résurgence du terrorisme politique", cette rencontre, orchestrée par le secrétaire d'État Marco Rubio, met particulièrement l'accent sur les menaces perçues provenant de l'extrême gauche, que Washington estime en forte augmentation.
Plus d'une soixantaine de délégations, provenant d'Europe à l'Asie, sont attendues, avec la participation de figures clés comme le ministre américain des Finances, Scott Bessent, et Stephen Miller, conseiller en immigration. La France, quant à elle, sera représentée à un niveau élevé, indiquait une source officielle.
Bien que le choix du moment puisse sembler inattendu, alors que les États-Unis sont engagés dans des tensions avec l'Iran, des responsables affirment que cette réunion était planifiée de longue date et constitue une occasion cruciale pour renforcer la collaboration internationale sur ces questions.
Le département d'État a déclaré : "Le terrorisme politique d'extrême gauche montre des signes de reprise, ce qui n’est pas le fruit du hasard, mais d'une stratégie délibérée visant à déstabiliser les sociétés libres".
Le communiqué précisait que cette menace avait été largement négligée sur la scène internationale, soulignant qu'elle ne devait pas être sous-estimée, notamment face au danger qu'elle représente.
Une analyse publiée l'année dernière par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a montré une hausse des actes violents liés à l'extrême gauche aux États-Unis au cours des dix dernières années, en particulier après l'élection de Trump en 2016. Cependant, les experts notent que ce phénomène demeure largement inférieur à la violence historique liée à l'extrême droite et aux attentats jihadistes.
Les responsables américains pointent également du doigt l'Europe, citant des incidents tels que le sabotage de réseaux ferroviaires en France, ainsi que des attaques attribuées à des extrémistes de gauche en Italie et en Allemagne. Ces événements mettent en lumière le caractère transnational du problème, selon les experts, qui ajoutent que le sujet a souvent été négligé lors des discussions internationales.
Dans ses récents rapports sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a critiqué l'Europe, la qualifiant d'"incubateur de menaces terroristes". Trois menaces principales ont été identifiées : les narcoterroristes, les terroristes islamistes, et les extrémistes violents de gauche, notamment les anarchistes et les antifascistes.
Cette position représente un changement notable par rapport à l'administration démocrate précédente, qui avait plutôt mis en avant le danger des groupes d'extrême droite, en particulier ceux se revendiquant du suprémacisme blanc.
En termes de mouvements spécifiques, le groupe "Antifa", qui repose davantage sur une idéologie que sur une organisation centrale, est sous les projecteurs. Après l'assassinat d'un influent ultraconservateur, Trump a été vigilant contre cette mouvance, déclarant qu'elle représentait une menace intérieure.
À l'international, les États-Unis ont aussi puni plusieurs groupuscules en Europe, notamment "Antifa Ost" en Allemagne, ainsi que d’autres groupes en Italie et en Grèce. La montée de cette idéologie a été particulièrement marquée depuis 2016, après l'élection de Trump.
Certains critiques soulignent que la violence d'extrême gauche reste bien en deçà de celle de l'extrême droite et accusent Trump d'exacerber les tensions. D'autre part, il est important de noter que Trump lui-même a échappé à plusieurs tentatives d'assassinat, renforçant encore le climat d'insécurité autour de sa personne.







