À l'aube d'une possible signature de l'accord Mercosur, les tensions entre le gouvernement et le secteur agricole s'intensifient. Sébastien Lecornu, ministre en charge des questions agricoles, rencontre divers syndicats ce mardi, alors que des voix s'élèvent pour un rassemblement massif à Paris, organisé par le syndicat Coordination rurale.
Ce dernier a lancé un appel à la mobilisation dans la capitale, soulignant que les discussions actuelles n'ont pas réussi à apaiser les craintes des agriculteurs. Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a exprimé son mécontentement : "La réponse du gouvernement ne nous convint pas ; nous serons à Paris jeudi pour porter nos doléances". Malgré l'interdiction des convois de tracteurs, Venteau a indiqué que les agriculteurs viendront en nombre, déterminés à faire entendre leur voix.
Des engins agricoles ont déjà quitté plusieurs régions pour une arrivée prévue dans la capitale. "Nous avons des membres venant du Sud-Ouest, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et même de Corse" a-t-il précisé. Les craintes des agriculteurs portent notamment sur les conséquences de l'accord Mercosur, qui pourrait aggraver leur situation économique déjà précaire, comme le souligne Le Monde.
La Coordination rurale a averti qu'il n'y aurait pas de relâche si le gouvernement ne répond pas aux préoccupations des agriculteurs, notamment sur des sujets tels que la santé animale et l'accord avec le Mercosur. Laurence Chanove, en charge de la région pour le syndicat, a également évoqué l'initiative en précisant que "le monde agricole ne peut pas attendre" des solutions tardives.
De son côté, la Confédération paysanne a fait état d'une forte reprise des mobilisations. Le climat est à la colère, comme en témoigne Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, qui prépare également des actions à partir de cette semaine. En effet, les agriculteurs ont prévu une série de mobilisations symboliques qui pourraient atteindre leur apogée avec le rassemblement prévu à Paris.
Au milieu de cette agitation, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, appelle au dialogue, insistant sur la nécessité d'une désescalade. "La responsabilité des organisations syndicales est de canaliser cette colère" a-t-elle déclaré. L’entourage du Premier ministre assure que des mesures seront rapidement introduites pour répondre aux inquiétudes des agriculteurs. Ainsi, alors que la date fatidique approche, les décideurs politiques se trouvent confrontés à une pression croissante alors que les agriculteurs se préparent à faire entendre leurs voix dans les rues de Paris.







