Le procureur sud-coréen a déposé mardi ses réquisitions contre l'ex-président Yoon Suk Yeol, qui risque jusqu'à la peine capitale pour avoir tenté d'instaurer une loi martiale en décembre 2024. Cette procédure judiciaire fait suite à des événements bouleversants qui ont secoué le pays, Yoon ayant annoncé, dans une allocution surprise, l'envoi de troupes au Parlement pour museler l'opposition.
Après être revenu sur sa décision quelques heures plus tard, lorsque des députés opposants ont réussi à voter la suspension de son décret, Yoon a vu sa popularité s'effondrer. Jugé depuis février 2025 auprès de plusieurs coaccusés, dont son ancien ministre de la Défense, le verdict est attendu le mois prochain.
Avec son arrestation en janvier 2025, Yoon est devenu le premier président en exercice à faire face à de telles accusations en Corée du Sud, un tournant qui reflète un climat politique tendu. Les débats font état de l'impact des événements sur la démocratie dans le pays, avec des observers soulevant la question de la stabilité politique face aux ambitions partisanes.
Yoon a tenté de justifier ses actions, arguant que le Parlement, dominé par l'opposition, bloquait son programme budgétaire, et a évoqué une lutte contre les "forces communistes nord-coréennes". Mais beaucoup, dont des experts en droit et en politique, estiment que ses allégations masquent une volonté de contrôle autoritaire.
La situation s'est intensifiée lorsqu'il a été accusé d'entrave à la justice et de menaces à la sécurité nationale, notamment en commandant des survols de drones au-dessus de Pyongyang. Cette action a provoqué une réponse dure de la part de la Corée du Nord, déstabilisant davantage la relation entre les deux nations. Comme l'a signalé le Le Monde, ces tensions soulèvent des inquiétudes quant à la direction que pourrait prendre la politique étrangère sud-coréenne.
Si Yoon est reconnu coupable, il rejoindra les rangs de Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, d'anciens leaders condamnés pour insurrection après des coups d'État dans les années 1970 et 1980. Le verdict sera scruté non seulement pour son impact sur Yoon, mais aussi sur la confiance du public envers le système politique en Corée du Sud.







