La session budgétaire actuelle s'annonce décisive pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont la crédibilité est à la croisée des chemins. Alors que le projet de budget de l'État revit ce mardi à l'Assemblée nationale, la perspective d'un recours à l'article 49.3 de la Constitution semble inévitable.
Sans accord trouvé en fin d'année, le gouvernement fait face à un défi complexe : assurer une gestion financière stable tout en négociant des compromis politiques. La loi spéciale adoptée en décembre a permis de maintenir la continuité des services publics, mais ne peut se substituer à un véritable texte budgétaire, comme le souligne Le Monde.
Le gouvernement ambitionne de présenter un budget finalisé d'ici la fin janvier, avec l'objectif ambitieux de ramener le déficit à moins de 5% d'ici 2026, une baisse par rapport aux 5,4% prévus pour 2025. Ce mardi, les députés entameront une nouvelle lecture du projet de loi de Finances, sous l'œil attentif du Premier ministre.
Les discussions s'annoncent tendues. Les députés, qui avaient largement rejeté le texte en première lecture, vont reprendre à partir de la version du Sénat, en priorisant les articles concernant les collectivités territoriales. Les enjeux fiscaux, qui cristallisent les divisions entre la droite et les socialistes, seront discutés ultérieurement. La proposition de surtaxe d'un montant de huit milliards d'euros sur les bénéfices des entreprises suscite de vives controverses.
« À un jour de l'examen, nous sommes encore loin d'un terrain d'entente », a déclaré Estelle Mercier, négociatrice pour le Parti socialiste, signalant les tensions entre différents partis politiques. Malgré la volonté affichée par l'exécutif d'atteindre un consensus, l'opposition des écologistes et des communistes pourrait rendre cet objectif difficile à atteindre.
La possibilité d'un recours au 49.3 ne fait pourtant plus de doutes. Des personnalités politiques telles que François Hollande et Michel Barnier appellent le gouvernement à agir rapidement pour éviter une situation instable. « Recourir à cet outil serait un aveu d'échec pour Sébastien Lecornu », affirme un conseiller proche du Premier ministre. Ce dernier pourrait alors se heurter à des motions de censure, notamment du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI), bien que le Parti socialiste ait annoncé qu'il ne soutiendrait pas ces motions.
En somme, le Premier ministre Lecornu se retrouve dans une danse délicate entre les attentes des électeurs et les exigences des partenaires politiques. En cherchant à prolonger le débat, il espère peut-être éviter un échec retentissant, mais le temps presse. La réponse du gouvernement pourrait dépendre de l’humeur ambiante des députés, alors que des tensions croissantes, comme celles observées récemment dans le secteur agricole, pourraient influencer la dynamisation des discussions.







