Un Salon de l'agriculture historique sans bovins en 2026

Absent pour la première fois en 120 ans, le bovin laisse place à une situation inédite.
Un Salon de l'agriculture historique sans bovins en 2026
Une vache lors du Salon de l'agriculture, le 25 février 2024. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Le Salon international de l'agriculture (SIA) 2026, prévu à Paris du 21 février au 1er mars, s'annonce sous un jour inédit : pour la première fois en 120 ans, aucun bovin ne sera présent. Cette décision, révélée le 13 janvier par les organisateurs, est motivée par la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie qui affecte gravement les troupeaux.

La dermatose nodulaire, apparue pour la première fois en France en juin dernier, a provoqué des mesures de précaution sévères. Après avoir touché principalement la Savoie et le Sud-Ouest, des abattages massifs ont été nécessaires, attisant la colère de nombreux éleveurs. "C'est un moment historique qui appelle humilité et respect", a déclaré Jérôme Despey, président du SIA.

Les organisateurs avaient initialement espéré une présence "limitée et symbolique" des bovins, mais les discussions avec les éleveurs n'ont pas abouti. "Nous respectons leur décision", a ajouté Despey, déplorant l'absence de Biguine, la célèbre vache brahman venue de Martinique.

Parallèlement, des syndicats tels que la Confédération paysanne de l'Ariège ont appelé au boycott du salon. "Le cœur n'y est vraiment pas !", a déclaré un représentant, soulignant l'impact de la crise sur le moral des agriculteurs.

Le président du syndicat des éleveurs de bovins, Pierre Dupont, a expliqué : "Nous sommes dans une période très difficile; le moral est au plus bas et cette absence souligne notre désarroi face à cette épidémie." Selon des sources médiatiques telles que Le Monde et Libération, cette situation est révélatrice des défis auxquels fait face l'élevage français aujourd'hui, confronté à des crises sanitaires, environnementales et économiques répétées.

La dermatose nodulaire est largement considérée comme un test pour l'avenir de l'élevage en France. Des experts s'inquiètent des répercussions à long terme sur la filière, tant sur le plan économique que sur la perception du public. La vaccination et la biosécurité restent les meilleures réponses face à cette maladie, mais la crise actuelle invite à repenser les pratiques d'élevage.

Alors que les préparatifs se poursuivent pour le Salon de 2026, l'absence de bovins marquera à jamais l'histoire de cet événement majeur de l'agriculture. Les éleveurs, tout en respectant les normes de santé, espèrent retrouver leurs animaux et leur place dans les années à venir.

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