Le procès en appel de Marine Le Pen, leader du Rassemblement National (RN), s'est ouvert à Paris, marquant une étape cruciale pour son avenir politique et sa chance de se présenter à l'élection présidentielle de 2027. À 57 ans, Le Pen a déjà souffert d’une dégradation de son image dans l’opinion publique, avec des sondages indiquant que son successeur potentiel, Jordan Bardella, pourrait avoir plus de chances de succès.
L'audience, dirigée par la juge Michèle Agi, s'est amorcée à 13h30 et devrait se prolonger jusqu'au 11 février 2024, avec une décision attendue cet été. Le Pen s'est dite dans un « état d'esprit d'espérance », espérant que la cour d'appel lui permettra de reprendre une position éligible.
Condamnée en mars 2025 à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, ainsi qu'à 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics. Les juges ont établi qu'elle avait mis en place un système frauduleux d'utilisation des fonds destinés aux assistants parlementaires pour le bénéfice du RN. Pour l'accusation, ces fonds auraient dû servir exclusivement à rémunérer les collaborateurs des eurodéputés.
Lors de la première instance, le tribunal a évalué le préjudice à 3,2 millions d'euros, demeurant coûté malgré le remboursement partiel par certains prévenus. Plusieurs figures du RN, dont l'eurodéputé Nicolas Bay, sont également sur le banc des prévenus, ce qui ajoute une dimension collective à cette affaire. Ils risquent tous de subir des répercussions similaires en cas de condamnation.
Dans ce contexte, la stratégie de défense de Le Pen pourrait évoluer. Elle a affirmé que sa position serait marquée par la « vérité », mais ses avocats pourraient opter pour une approche soulignant sa « non-intentionnalité » dans les faits reprochés. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a précisé que l'équipe du parti s'efforcerait de minimiser la médiatisation de l'affaire, pour se concentrer sur les sujets cruciaux à l'Assemblée nationale.
Des experts, comme l’analyste politique Jean-Hugues Lemoine, estiment que cette affaire pourrait transformer de manière significative le paysage politique français. « Une condamnation pourrait non seulement affecter la carrière de Le Pen mais également influencer la perception du RN dans l’esprit des électeurs », indique-t-il.
Alors que des éléments de son image se fissurent, avec des sondages montrant que 49% des Français pensent que Bardella a plus de chances d'accéder à l'Élysée, Le Pen reste déterminée. « Je briguerai à nouveau l'Élysée si je peux être candidate », a-t-elle affirmé, tout en admettant que Bardella pourrait représenter le parti à sa place si nécessaire. La suite des événements au palais de justice s'annonce décisive pour cette figure controversée de la droite française.







