Vincent Lemire, historien français engagé sur la question israélo-palestinienne, a récemment obtenu l'autorisation d'entrer en Israël, un accès initialement refusé par les autorités. Ce revirement fait suite à un fort mouvement de soutien de la part de l'académie, incluant de nombreux universitaires israéliens.
Dès l'annonce de l'interdiction par courriel le 7 janvier, sans explication, Lemire a exprimé son indignation. Il avait reçu une approbation préalable pour son entrée en Israël, valable deux ans, ce qui venait souligner le caractère arbitraire de cette décision. À ce sujet, il a déclaré : "C'est un coup dur pour la liberté académique, surtout dans un contexte où plusieurs chercheurs sont bannis pour leurs opinions."
Cette situation a suscité des réactions variées au sein de la communauté scientifique. Philippe Baptiste, ministre français de l'Enseignement supérieur, a apporté son soutien, qualifiant l'interdiction de "menace sur la liberté d'expression" dans le milieu académique. Les voix critiques, comme celle de Lemire, sont souvent étouffées, ce qui inquiète de nombreux professionnels qui plaident pour une recherche libre et sans entrave.
Une heure après la mesure controversée, Lemire a vu son interdiction levée, grâce à la pression exercée par ses pairs. "La tentative de censure d'État a échoué", a-t-il partagé dans un message sur les réseaux sociaux, reconnaissant l'importance d'une communauté académique unie face à des obstacles. Ce voyage sera l'occasion pour lui de donner une vingtaine de séminaires, allant de Naplouse à Jérusalem, où il compte échanger avec des chercheurs, tant israéliens que palestiniens.
Le thème de la discussion portera notamment sur la situation humanitaire délicate à Gaza, un sujet que Lemire n'hésite pas à aborder à travers ses travaux, plaidant pour une prise de conscience collective et d'éventuelles sanctions contre Israël en cas de continuité des violations des droits humains. Un autre universitaire a déclaré à ce sujet : "Refuser l'entrée à un chercheur est une entrave à notre compréhension des réalités complexes qui y règnent, et ce type d'attitude ne fait qu'aggraver la situation."
La polémique autour de l'accès de Lemire à Israël illustre les tensions persistantes autour de la liberté académique dans la région. Alors que l'histoire et la politique continuent de se chevaucher, des voix comme celles de Lemire représentent un appel à la responsabilité et à l'engagement pacifique.







