La ministre britannique de l’intérieur, Shabana Mahmood, a fait l’objet d’une grande attention médiatique ce mercredi après avoir exprimé son mécontentement à l’égard de Craig Guildford, le chef de la police de Birmingham. Cette réaction fait suite à l’interdiction controversée faite aux supporters du Maccabi Tel-Aviv d’assister à un match de Ligue Europa prévu en novembre. Cette décision, fondée sur des informations jugées erronées et exagérées, a soulevé un tollé, notamment chez les responsables politiques, y compris le Premier ministre Keir Starmer, qui a dénoncé la stigmatisation injuste des fans israéliens.
Le rapport indépendant, publié récemment, révèle que la classification de la rencontre comme « haut risque » était infondée. La police avait justifié cette décision en se fondant sur des antécédents de violence supposée impliquant des supporters israéliens, notamment lors d’un match en 2024 entre le Maccabi et l’Ajax Amsterdam. Toutefois, les éléments de preuve cités ont été jugés soit exagérés, soit complètement fausse par les experts, comme en témoigne le quotidien Le Monde.
Shabana Mahmood a qualifié les conclusions du rapport d'“accablantes”, et a appelé à une réforme permettant aux ministres de l'intérieur d'avoir davantage de pouvoirs pour intervenir dans des situations de ce genre. Bien qu’elle n’ait pas le pouvoir de limoger Guildford, elle a souligné l'importance de tenir la police responsable de ses décisions. “Il n’a plus ma confiance”, a-t-elle déclaré, ce qui a suscité des interrogations quant à la compétence de la direction policière à Birmingham.
S'exprimant sous condition d’anonymat, un responsable de la sécurité a affirmé que la police ne pouvait ignorer les craintes du public, mais a reconnu que “des erreurs de jugement peuvent se produire, surtout dans des contextes chargés politiquement”.
La controverse autour de cette affaire interpelle également des spécialistes, comme le sociologue du sport, Dr. Alain Dupont, qui observe que “ces décisions basées sur des préjugés peuvent avoir de graves conséquences sur les relations intercommunautaires”. Cette affaire met en lumière les enjeux complexes que rencontrent les forces de l'ordre lorsque le sport et la politique se mêlent.
En attendant, la situation à Birmingham est un exemple frappant des répercussions qu'une mauvaise gestion policière peut avoir sur la perception du public et sur les relations internationales. L’enquête est désormais une opportunité pour repenser la manière dont les événements sportifs sont sécurisés dans un climat sociopolitique en évolution rapide.







