À partir du printemps prochain, le repas à un euro pourrait devenir une réalité pour tous les étudiants de France. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé cette mesure ambitieuse dans le cadre d'un compromis budgétaire, visant à lutter contre la précarité croissante sur les campus.
Actuellement, ce tarif réduit n’est disponible que pour les étudiants boursiers et ceux en situation financière difficile, laissant les autres étudiants à payer 3,30 euros. Selon une étude de l’Union étudiante, 48 % des étudiants ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières, un constat alarmant qui souligne la nécessité d’une telle mesure. Cette précarité a des conséquences graves, notamment un taux d'échec académique exacerbé.
La proposition d’étendre ce dispositif à l’ensemble des étudiants a été formulée dans une loi socialiste adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2025, mais elle n’a pas encore été examinée au Sénat. « Une mesure attendue pour répondre à un besoin urgent, mais ce n’est qu’un paliatif », a exprimé Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, tout en appelant à une réforme plus profonde des bourses.
Les défis du financement et de l'implémentation
La mise en œuvre de cette promesse suscite toutefois des préoccupations. Le coût annuel est estimé à 90 millions d'euros, une somme jugée soutenable par certains, tandis que d'autres s'interrogent sur le financement réel de l’initiative. Salomé Hocquard, vice-présidente de l'Unef, a mis en garde contre des « effets d’annonce » et a questionné la disponibilité de ces fonds pour soutenir la mesure.
Au-delà de la question financière, les capacités logistiques des restaurants universitaires sont également remises en cause. Selon un rapport, la moyenne d'attente pour un repas dans les Crous atteint déjà 50 minutes, et il est essentiel de réorganiser les services pour accueillir un plus grand nombre d'étudiants. « Il faudrait allonger la pause déjeuner et réajuster les horaires de cours pour éviter les pics de fréquentation, » propose Nijdam.
Un autre point de critique concerne l'accès à ce repas à prix réduit, qui pourrait également bénéficier à des étudiants issus de milieux plus favorisés. Nijdam défend cette mesure, affirmant que « la plupart de ces étudiants n'utilisent pas les restaurants universitaires », et souligne que ceux qui fréquentent ces établissements ne sont pas toujours soutenus financièrement par leurs familles.
Alors que la rentrée universitaire de 2026 approche, la question reste en suspens : cette promesse de repas à un euro se transformera-t-elle en réalité ou restera-t-elle une simple promesse électorale ? Un rapport de Le Parisien a déjà soulevé d'importantes inquiétudes concernant la gestion de cette initiative.







