Samedi dernier, des milliers de manifestants se sont mobilisés à Copenhague et Nuuk pour contester les intentions territoriales de Donald Trump, qui cherche à s'approprier le vaste territoire autonome danois. Dans la capitale groenlandaise, des participants, sous la pluie fine, arboraient des casquettes avec le slogan humoristique "Make America Go Away" tout en chantant des airs traditionnels inuits, comme l'a observé un correspondant de l'AFP.
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, s'est joint à la foule, se tenant sur un tas de neige tout en brandissant le drapeau du Groenland. Les manifestants, portant des pancartes avec le message "Nous forgeons notre avenir" et divers drapeaux, ont défilé vers le consulat américain.
"Nous ne voulons pas que Trump envahisse le Groenland!", a déclaré Paarniq Larsen Strum, infirmière. "C'est très éprouvant. La possibilité de ne pas pouvoir retourner chez moi est inacceptable." Au Danemark, des foules aux couleurs rouge et blanche ont afflué vers l'hôtel de ville de Copenhague avant de se diriger vers l'ambassade américaine, scandant le nom groenlandais de leur pays : "Kalaallit Nunaat!".
"Participer à cette manifestation est essentiel pour moi car cela touche au droit à l'autodétermination du peuple groenlandais. Nous ne devons pas céder face à un État puissant", a déclaré Kirsten Hjoernholm, membre de l'ONG Action Aid Danemark, à l'AFP, notant la forte présence policière dans la ville.
Divers responsables politiques danois, y compris la maire de Copenhague, se sont joints à la mobilisation. Devant l'ambassade américaine, des intervenants sur une scène improvisée ont insisté sur le message : "Le Groenland n'est pas à vendre", espérant que cela soit clairement entendu par les représentants américains.
Parallèlement, des manifestations ont eu lieu dans d'autres villes, comme Aarhus, Aalborg et Odense. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a souvent évoqué le Groenland, qu'il considère comme stratégique, AD. "D'une manière ou d'une autre, nous prendrons le Groenland pour contrer l'influence russe et chinoise dans l'Arctique", a-t-il déclaré.
- Soutiens internationaux -
À Copenhague, une délégation bipartisane du Congrès américain a exprimé son soutien au Danemark en soulignant les "225 années" d'alliance entre les deux pays. Le sénateur démocrate Chris Coons a affirmé aux journalistes qu'il n'y avait "pas de menaces immédiates pesant sur le Groenland", mais il a également souligné les préoccupations croissantes concernant la sécurité régionale avec le changement climatique et la réduction de la banquise.
Les manifestations viennent suite à des discussions à Washington, où les responsables danois ont constaté leur incapacité à trouver un accord avec les dirigeants américains sur les préoccupations concernant l'avenir du territoire autonome. France 24 a rapporté que des tensions croissantes ont accru le sentiment d'insécurité parmi les Groenlandais, incitant à des mobilisations de grande ampleur.
Julie Rademacher, présidente du mouvement Uagut, organisateur des manifestations, a affirmé que les récents événements ont mis les Groenlandais sous pression et qu'il est crucial de chercher des solutions plutôt que de générer des tensions supplémentaires. Le dernier sondage réalisé en janvier 2025 montre que 85 % des Groenlandais s'opposent à un rattachement aux États-Unis.







