L'opposant ougandais Bobi Wine, en fuite depuis plusieurs jours après un raid de la police sur son domicile, a dénoncé l'agression de son épouse, hospitalisée après avoir été victime de violences et de strangulation. Cette déclaration, faite le 24 janvier, met en lumière les inquiétudes croissantes concernant la sécurité de sa famille.
Yoweri Museveni, le président en exercice, a récemment été réélu avec 71,65 % des voix lors d'un scrutin controversé, marqué par des accusations de fraude. Bobi Wine a contesté ces résultats, affirmant que son score de 24,72 % était le fruit d'élections « truquées ». Dans un pays où la répression de l'opposition est fréquente, l'ancien artiste de reggae devenu homme politique a exprimé sa colère sur les réseaux sociaux, qualifiant l'incident survenu chez lui de « saccage ».
Selon Bobi Wine, des centaines de soldats, souvent ivres, sont entrés chez lui, ont menacé sa femme et l'ont agressée. « Ma femme a été transportée d'urgence à l'hôpital, souffrant de traumatismes physiques et psychologiques, » a-t-il déclaré, ajoutant qu'il avait partagé des images des dégâts subis par son domicile, comme l'a rapporté l'Agence France-Presse.
Le fils du président Museveni, Muhoozi Kainerugaba, avait récemment exprimé des vœux de mort à l'égard de Bobi Wine sur les réseaux sociaux, un message qu'il a depuis effacé. Ce climat de tensions rappelle à tous que l'opposant a déjà été victime de détentions et de violences lors des élections de 2021.
Préoccupations de l'ONU et de l'UE
Robert Amsterdam, avocat de Bobi Wine, a appelé la communauté internationale, en particulier l'ONU, à « exiger des garanties immédiates pour la sécurité de M. Wine et lui permettre de rentrer sain et sauf auprès de sa famille ». Il a également souligné que « M. Wine n’a commis aucun crime », insistants sur le fait que son principal « tort est d'avoir dénoncé la brutalité du régime en place ».
Suite aux dernières violences, l'ONU et l'Union européenne ont exprimé leurs préoccupations, soulignant l'urgence de la situation. Dans une déclaration récente, le chef de l'armée, Kainerugaba, a affirmé que des dizaines de membres de l'opposition avaient été tués et des milliers arrêtés, tout en clamant que le pays était désormais « en paix ».







