Le nombre de victimes de la répression en Iran pourrait dépasser de loin celui reconnu par le régime des mollahs. Des estimations récentes évoquent plusieurs dizaines de milliers de personnes, des chiffres qui font froid dans le dos alors que le porte-avions américain USS Abraham Lincoln a accosté au Moyen-Orient le 26 janvier.
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L'USS Abraham Lincoln, l'un des porte-avions les plus puissants au monde, a été repéré dans la région. Bien que son emplacement précis soit classifié, des spécialistes estiment qu'il se dirige vers le golfe Persique en longeant les côtes d'Oman. Le président américain Donald Trump a confirmé cette présence militaire, déclarant : “Nous avons une grosse armada non loin de l'Iran, plus importante que celle au Venezuela.” Cependant, cette décision pose la question d'un changement de cap, car Trump avait récemment renoncé à frapper le régime iranien de peur d'une escalade régionale. L'armée américaine, malgré cette hésitation, a considérablement renforcé sa présence dans la région, laissant entrevoir la possibilité d'une attaque ciblée. “L'armée pourrait viser le siège des gardiens de la révolution ou leurs bases,” explique Mark F. Cancian du Centre pour les études stratégiques internationales. “Ce ne serait pas destiné à renverser le régime, mais à envoyer un message fort.”
Un bilan lourd mais difficile à estimer
Les informations sur les atrocités commises par le régime continuent d'affluer, alimentant la crainte d'un bilan insupportable. Chaque jour, de nouvelles images révèlent l'ampleur de la répression de ces dernières semaines. Les autorités iraniennes admettent plus de 3 000 décès, souvent d'après leurs dires, des membres des forces de sécurité ou des civils. Pourtant, plusieurs organisations dénoncent un nombre de victimes au moins dix fois supérieur. La véracité de ces informations est mise en doute par des ONG, qui ont cessé de fournir des chiffres en raison des restrictions imposées par le gouvernement. “Nos données d'origine provenaient des hôpitaux, mais les autorités ont arrêté des médecins et du personnel médical qui nous transmettaient ces informations,” déplore Mahmood Amiru-Moghaddam de l'ONG Iran Human Rights. Ce qui est certain, c'est que le bilan officiel est largement sous-estimé, alors que les arrestations d'opposants se poursuivent à travers le pays.







