Le Commandement américain pour l'Afrique, Africom, a confirmé une intensification des opérations aériennes contre les groupes jihadistes Al-Chabab et l'État islamique (EI) en Somalie. Depuis le début de l'année, pas moins de 23 bombardements ont été réalisés, marquant une réponse militaire accrue face à la menace croissante de ces organisations, a rapporté l'Agence France-Presse (AFP) le 27 janvier dernier.
Le major Mahalia Frost, porte-parole d'Africom, a expliqué que cette hausse des frappes s'inscrit dans le cadre d'une offensive plus vaste visant à neutraliser les djihadistes sur le continent. "Au cours de l’année écoulée, nous avons adopté une approche plus agressive, collaborant avec nos partenaires pour cibler efficacement les menaces, principalement l’EI", a déclaré le général John Brennan lors de discussions sécuritaires avec le Nigeria.
Frost a précisé que parmi les 23 frappes effectuées, certaines étaient également destinées à bloquer les activités d'Al-Chabab. Cette tendance d’augmentation des frappes n’est pas nouvelle. Sous la présidence de Donald Trump, l’ampleur des opérations a considérablement augmenté, avec 219 frappes et opérations terrestres réalisées durant ses quatre années de mandat. En comparaison, Barack Obama n’a ordonné que 48 frappes en huit ans, un chiffre qui montre l'intensification de l'engagement militaire des États-Unis dans la région.
Selon le think tank américain New America, Trump a supervisé au moins 143 frappes supplémentaires depuis le commencement de son second mandat. Les experts militaires soulignent que cette escalade des frappes pourrait avoir des conséquences profondes sur la stabilité de la Somalie, un pays déjà aux prises avec des conflits internes et des troubles socio-économiques. Les analyses d’observateurs sur le terrain, comme celles du journaliste local Ali Abdi, mettent en garde : "Cette stratégie militaire, bien qu'efficace à court terme, pourrait alimenter un ressentiment plus large contre les forces étrangères parmi la population locale".







