Arrivé aux États-Unis à 17 ans pour étudier et exceller au tennis, Julien Pereira pensait avoir suivi un parcours légal. Pendant plus de sept ans, il a obtenu divers visas étudiants, des diplômes et a même trouvé un emploi dans le Connecticut, comme il l’explique au HuffPost. Malheureusement, lorsqu'un club de tennis lui propose un nouvel emploi, la promesse d’un visa de travail en attente devient un cauchemar administratif.
Un statut précaire et des conséquences désastreuses
En mars 2025, un souci de paperasse invalide son visa. Son avocat lui conseille de quitter le pays immédiatement. À cours de vols, il tente de passer au Canada, où on lui refuse l'entrée. Retour aux États-Unis, il se fait intercepter par la Customs and Border Protection. Ils lui signalent qu'aucune demande de visa n’est visible, ce qui le place dans la catégorie des immigrants illégaux.
D'abord retenu deux jours à Champlain, New York, il est alors menotté et transféré à Batavia, un centre de détention fédéral. Les conditions y sont déplorables : des dortoirs bondés, des lumières constamment allumées et une nourriture insuffisante. « J’ai perdu 7 kg en un mois », témoigne-t-il.
Des procédures bureaucratiques qui prolongent la souffrance
Deux semaines dans cette enfer, il est déplacé au centre d'Otay Mesa, en Californie, géré par des sociétés privées. Selon lui, ces transferts ne sont qu'une stratégie pour ralentir les procédures. « C’est une véritable usine à détenus », dénonce-t-il.
Un jugement d'une cruauté inouïe
Après une audience, un juge accepte de le libérer, sous caution de 5 000 dollars, avec l'obligation de porter un bracelet électronique. Libéré en pleine nuit près de la frontière mexicaine et sans argent ni papiers, il reçoit le soutien d'une association locale. Le 15 avril, il parvient à quitter définitivement les États-Unis.
De retour en France, Julien Pereira souhaite alerter sur l’inhumanité du système qu’il a rencontré, tout en effaçant l’idée d'un amalgame avec la société américaine. Actuellement commercial en région parisienne, il fait face à une interdiction de retour sur le sol américain.







