Paris (France) (AFP) – L'enquête sur le tir de LBD qui a coûté son œil droit à Franck Didron, membre du mouvement des gilets jaunes, n'a pas permis d'identifier le policier responsable. Un non-lieu a été décrété, une décision qui suscite l'indignation à quelques mois du huitième anniversaire des faits.
Le 1er décembre 2018, alors âgé de 20 ans, Franck Didron a été gravement blessé lors d'une manifestation à Paris. Bien que les expertises aient confirmé l'utilisation d'un tir de LBD, les enquêteurs n'ont pas réussi à identifier l'agent impliqué. L'enquête judiciaire ouverte en 2019 pour violences graves est aujourd'hui close sans que justice soit rendue.
« Huit ans pour conclure que le policier n'est pas identifiable, c'est tout simplement indécent », s'est exclamé Me Arié Alimi, l'avocat de Franck. En effet, le fonds de garantie et la Commission d'indemnisation des victimes (CIVI) ont gelé toutes ses demandes d'indemnisation, alors même que la nature de l'infraction est désormais claire.
Franck Didron se remémore ce jour tragique avec une profonde douleur. « Je me demande toujours pourquoi il m'a tiré dessus. J'aimerais qu'il vienne devant moi et m'explique ses raisons. Il a détruit ma vie », confiait-il à l'AFP en 2019. Le jeune homme avait manifesté pour des raisons de pouvoir d'achat, évoquant des difficultés financières croissantes.
Lors de sa première manifestation, il ne s'attendait pas à être ciblé. « J'étais parmi un groupe de manifestants pacifiques, entouré par des CRS. J'appelais ma mère pour la rassurer alors que le climat tournait à l'anarchie », racontait-il. Au moment où il se retournait pour vérifier la situation, il a été touché.
Ce triste événement soulève non seulement des questions sur la gestion de la police lors des manifestations, mais également sur l'absence de transparence et de responsabilité au sein des forces de l'ordre. Les organisations de défense des droits humains ont fait état de préoccupations similaires concernant d'autres cas de violence policière survenues dans le cadre des manifestations des gilets jaunes, généralement jugées inacceptables par de nombreux observateurs.







