Le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a récemment tenté de montrer "l'unité" de son gouvernement, se retrouve dans une situation délicate suite aux retombées de l'affaire Epstein, qui secoue le Royaume-Uni.
- Un gouvernement en crise -
Les polémiques autour des connexions entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et Peter Mandelson, précédemment nommé ambassadeur britannique à Washington par Starmer avant de se voir limogé, représentent l'une des plus graves crises jamais rencontrées par le gouvernement travailliste depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024.
Lors d'une réunion hebdomadaire de son cabinet, le Premier ministre a remercié ses ministres pour leur soutien, affirmant que son gouvernement demeurait "fort et uni", selon des déclarations officielles de Downing Street.
Lundi, Starmer avait déjà écarté toute possibilité de démission durant une réunion d'urgence avec son parti. Plusieurs figures de proue du Labour, telles qu'Angela Rayner, son ancienne numéro deux, et Wes Streeting, ministre de la Santé, se sont mobilisées pour lui apporter leur soutien, eux qui figurent souvent parmi les potentiels successeurs.
Le Premier ministre a ajouté qu'il restait concentré sur les priorités des Britanniques, malgré le tumulte généré par l'affaire Mandelson, qui a conduit à la démission de deux de ses conseillers proches, avec des rumeurs de départs supplémentaires, incluant un haut fonctionnaire.
- L'appel à l'unité au sein du Labour -
Alors que des appels à sa démission avaient émergé au sein du Labour, ils se sont apaisés, certains leaders du parti ayant exprimé leur soutien à Starmer, dont la Première ministre du Pays de Galles, Eluned Morgan. Andy Burnham, maire de Grande Manchester et potentiel challenger, a également pris position pour la stabilité de son parti.
Cependant, l'insatisfaction et le doute persistent quant à la direction de Starmer, aggravés par ses politiques controversées. En réponse aux critiques, Starmer a proclamé son soutien à Anas Sarwar, leader du Labour écossais, malgré les appels à sa démission.
- Un avenir incertain -
Le gouvernement doit faire face à des échéances cruciales, notamment des élections législatives partielles le 26 février, où le Labour est en danger face aux Verts et au parti anti-immigration Reform UK, ainsi qu'à des élections locales en mai.
Concernant l’enquête sur Mandelson, son ancien mentor, d'autres personnalités comme Wes Streeting ont également été affectées par ce scandale. "Je regrette d'avoir connu Peter Mandelson", a exprimé le ministre sur Sky News, assurant ne rien avoir à cacher.
Une enquête de la police de Londres a été ouverte concernant Mandelson, suspecté d'avoir partagé des informations sensibles avec Epstein lorsqu'il était membre du gouvernement de Gordon Brown entre 2008 et 2010. La police a souligné la nécessité de suivre le bon processus pour garantir l'intégrité de l'enquête, laissant à la gouvernance le soin de décider de la divulgation des documents nécessaires.







